Le marché financier algérien, en pleine mutation depuis les introductions de banques publiques de 2024, s’apprête à vivre un printemps 2026 décisif. Selon les projections basées sur les derniers indicateurs financiers, l’action de la Banque de Développement Local (BDL) devrait confirmer son statut de titre le plus rentable de la cote.
Lors de son introduction, l’institution avait annoncé un objectif de rendement sur dividende de 13 %, un taux exceptionnel qui semble soutenu par les performances opérationnelles du premier semestre 2025.
Avec un cours stabilisé autour de 1 410 DA et une dynamique de croissance qui a porté la capitalisation globale du marché à plus de 744 milliards DA début 2026, la BDL surclasse ses concurrents. Les résultats semestriels publiés indiquent une maîtrise du coût du risque et une progression des produits nets bancaires, laissant présager que le coupon qui sera annoncé au printemps prochain restera le plus généreux pour les actionnaires.
CPA et Biopharm : des performances solides sous surveillance
Derrière l’aubaine BDL, le Crédit Populaire d’Algérie (CPA) demeure le pilier central du marché en termes de volume. Après avoir distribué un dividende de 125 DA en 2024, puis 77,77 DA en 2025, le CPA offre un rendement qui se stabilise entre 5,5 % et 6 %. Bien que moins spectaculaire que celui de la BDL, ce rendement reste très attractif pour les investisseurs institutionnels privilégiant la liquidité.
Dans le secteur industriel, Biopharm confirme sa résilience. Avec un dividende versé de 21 DA en août 2025 et des résultats semestriels 2025 montrant un chiffre d’affaires production en hausse à 7 063 millions DA, le leader pharmaceutique devrait maintenir un rendement autour de 5 %. Ces titres constituent le « cœur de portefeuille » de la place d’Alger, offrant une croissance régulière malgré une volatilité plus marquée que sur le compartiment obligataire.
OAT, Tosyali : entre sécurité souveraine et rendement privé
Pour l’investisseur, l’année 2026 devrait affiner les arbitrages entre les actions et le marché des titres de créance, avec de nouvelles introductions en bourse attendus et de nouvelles émissions de titres obligataires. Sur le front des obligations, les OAT (Obligations Assimilables du Trésor) à long terme (10-15 ans) offrent actuellement des rendements actuariels proches de 7,95 %, à l’image de la ligne O150434. Face à cette sécurité souveraine, l’obligation corporate de Tosyali Algérie (sidérurgie), émise avec un coupon de 5,65 %, propose une alternative intéressante pour diversifier le risque, bien que son rendement brut soit inférieur aux meilleures OAT.
Pour 2026, l’action BDL reste une option intéressante pour qui cherche à dynamiser son portefeuille, à condition de tolérer la volatilité du marché. À l’inverse, pour un capital garanti avec une visibilité totale, les OAT à plus de 10 ans restent préférables aux obligations privées actuelles. Un portefeuille équilibré pour le printemps prochain devrait idéalement combiner le haut rendement de la BDL avec la stabilité des OAT, permettant de naviguer entre la performance bancaire et la sécurité des finances publiques.
















