Le Crédit Populaire d’Algérie a signé dimanche une convention avec le Fonds de garantie des crédits aux PME. Cette alliance s’inscrit dans une vague de partenariats bancaires destinés à faciliter l’accès des petites entreprises aux crédits d’exploitation, une nouveauté permise par la loi de finances 2025.
Le Crédit Populaire d’Algérie (CPA) et le Fonds de garantie des crédits aux PME (FGAR) ont officialisé, dimanche 1er février à Alger, un partenariat portant sur la garantie des crédits d’exploitation accordés aux petites et moyennes entreprises. La cérémonie s’est tenue au siège de la direction générale du CPA, en présence des directeurs généraux des deux institutions, Ali Kadri pour le CPA et El Hadi Temmam pour le FGAR.
Cette convention constitue le dernier maillon d’une série d’accords conclus depuis novembre 2025 entre le Fonds de garantie et les établissements bancaires de la place. Elle traduit la mise en œuvre concrète de l’article 188 de la loi de finances 2025, qui autorise désormais le FGAR à couvrir les crédits d’exploitation, alors que son mandat se limitait depuis sa création en 2004 aux seuls crédits d’investissement.
Une accélération des signatures depuis novembre
Le mouvement a été lancé fin novembre 2025 avec la signature d’une convention entre le FGAR et la Banque Al Baraka Algérie. Mohamed Benyoucef Benbouali, directeur des PME au ministère de l’Industrie, avait alors souligné que cet accord instaurait « un cadre de coopération opérationnel » après que la loi de finances 2025 eut « permis au FGAR de développer de nouveaux instruments et de garantir de nouveaux produits de financement ».
Depuis, les signatures se sont enchaînées à un rythme soutenu. La Banque nationale d’Algérie (BNA) a paraphé deux conventions le 14 janvier 2026, couvrant à la fois les crédits d’exploitation classiques et ceux relevant de la finance islamique. La CNEP-Banque a suivi le 21 janvier, officialisant un accord portant sur la garantie des crédits d’exploitation au profit des PME confrontées à des contraintes de trésorerie. La Banque extérieure d’Algérie (BEA) a complété le dispositif le 27 janvier avec deux conventions similaires, classique et islamique.
Un objectif de quinze banques partenaires
Le directeur général du FGAR, El Hadi Temmam, avait annoncé début janvier l’objectif de porter à quinze le nombre de banques partenaires d’ici la fin du mois. Avec la signature du CPA, le dispositif couvre désormais l’essentiel des grandes banques publiques algériennes.
Les conventions fixent un plafond de crédit à 50 millions de dinars, pour une garantie maximale de 35 millions de dinars, correspondant à un taux de couverture de 70 %. Ce mécanisme vise à répondre aux difficultés structurelles de financement rencontrées par les PME, notamment celles en phase de création ou de développement, souvent dépourvues des garanties réelles exigées par les établissements bancaires.
Un bilan 2025 encourageant
En 2025, le FGAR a accompagné 297 PME, avec un nombre d’emplois à créer de l’ordre de 5 615 postes de travail. Le coût total des projets s’élève à 40,5 milliards de dinars pour un montant de garanties accordées de 12,29 milliards de dinars.
Par secteur d’activité, les projets accompagnés concernent principalement l’industrie (43,4 %), les services (27,27 %), le bâtiment et les travaux publics (17,51 %), ainsi que la pêche et l’agriculture (11,44 %). Sur le plan géographique, 36,70 % des projets sont localisés dans le centre du pays, 34,02 % à l’Est, 21,20 % à l’Ouest et 8,08 % au Sud.
Répondre au sous-financement chronique des PME
L’extension de la garantie aux crédits d’exploitation répond à une demande ancienne des opérateurs économiques. Les PME algériennes, qui constituent l’ossature du tissu productif national, se heurtent depuis des années à la frilosité des banques, peu enclines à financer des besoins de trésorerie sans garanties solides.
Abdelmouneim Othmani Marbout, directeur général d’Al Baraka Algérie, avait estimé lors de la première signature que cette convention mettrait “à disposition des mécanismes de financement garantis permettant aux entreprises de répondre à leurs besoins en crédits d’exploitation, de renforcer leur activité productive et de couvrir leurs besoins quotidiens”.
Le dispositif permet concrètement aux entreprises dépourvues de garanties suffisantes d’accéder au crédit bancaire grâce à la couverture du FGAR, qui intervient comme co-preneur de risque. Les PME sont orientées par les agences bancaires vers le Fonds, qui couvre les risques liés aux crédits d’exploitation destinés au financement de l’achat de matières premières, à la gestion de la trésorerie ou au préfinancement des exportations.
















