L’Algérie introduit un nouveau dispositif juridique permettant à certains corps de l’éducation nationale de mettre fin à leur carrière avant l’âge légal, dans un cadre strictement encadré par la loi. Le décret exécutif n° 26-74 du 14 janvier 2026, publié au Journal officiel n° 6, précise les conditions et les modalités de ce mécanisme, réservé aux enseignants, professeurs, directeurs, inspecteurs et cadres pédagogiques relevant du secteur de l’éducation nationale.
Cette mesure marque une évolution notable dans la gestion des ressources humaines d’un secteur stratégique, longtemps confronté à l’usure professionnelle, au vieillissement des effectifs et à une pression sociale constante.
Un nouveau dispositif légal pour mettre fin à une carrière sur la base du volontariat
Contrairement aux interprétations hâtives, le texte ne généralise pas un régime particulier, mais encadre un droit individuel de départ, fondé sur la volonté du fonctionnaire et soumis à des conditions précises.
L’article 2 du décret stipule que le fonctionnaire peut demander sa mise à la retraite à partir de 57 ans pour les hommes et de 52 ans pour les femmes, à condition de remplir les critères légaux ouvrant droit à une pension. L’article 4 précise que la demande doit être datée, signée et déposée durant les trois premiers mois de l’année scolaire, tandis que l’article 5 est explicite : « l’organisme employeur ne peut refuser la demande du fonctionnaire désirant sa mise à la retraite ».
Les pensions seront liquidées conformément à la loi 83-12 relative à la retraite, sans possibilité de révision ultérieure, même en cas de reprise d’une activité rémunérée, comme le souligne l’article 7.
Ce cadre vise à offrir une porte de sortie maîtrisée, sans rupture brutale ni charge administrative supplémentaire.
Une mesure assimilée à une retraite anticipée, aux effets attendus sur l’emploi
Si le terme n’est pas mis en avant dans la communication officielle, ce dispositif reste, dans son essence, assimilé à une forme de retraite anticipée ciblée, strictement limitée au secteur éducatif.
Sur le plan du marché du travail, l’impact pourrait être double. D’un côté, il permettrait de libérer progressivement des postes, dans un contexte où de nombreux diplômés peinent à accéder à l’emploi public. De l’autre, il pourrait alléger la pression sur des établissements confrontés à un sureffectif vieillissant, tout en facilitant le renouvellement générationnel.
Toutefois, cette ouverture reste mesurée et ne saurait absorber, à elle seule, le volume important de demandeurs d’emploi diplômés.
Un choix économique assumé, malgré une charge supplémentaire pour l’État
Cette décision intervient dans un contexte particulier. En 2017, l’Algérie avait mis fin aux mécanismes de départ anticipé afin de préserver l’équilibre financier de la Caisse nationale des retraites, confrontée à une pression croissante. Aujourd’hui, l’État opère un ajustement ciblé, en assumant une charge supplémentaire limitée et sectorielle.
À titre de comparaison, plusieurs pays européens, dont la France, envisagent ou appliquent un relèvement de l’âge légal à 64 ans, alors qu’en Algérie ce dispositif permet un départ dès 52 ans pour les femmes dans l’éducation.
Ce choix traduit une volonté d’arbitrage : préserver la stabilité sociale dans un secteur clé, tout en maintenant un contrôle strict des finances publiques.
















