L’annonce a fait l’effet d’un électrochoc des deux côtés de la Méditerranée. L’Espagne s’apprête à lancer une régularisation exceptionnelle qui pourrait concerner plus de 500 000 migrants en situation irrégulière, une mesure inédite depuis près de vingt ans. Mais une question domine, notamment chez les Algériens installés en Espagne : « Les harragas, entrés par voie illégale, sont-ils concernés ? »
Derrière l’effet d’annonce, le gouvernement espagnol a posé un cadre précis, loin des rumeurs et approximations qui circulent depuis plusieurs semaines.
Pourquoi une régularisation massive aujourd’hui ?
Selon El País, le gouvernement espagnol évoque le contexte international : « Les bouleversements géopolitiques récents, l’instabilité dans les pays touchés par les conflits et l’impact du changement climatique ont intensifié les flux migratoires. » Face à cette réalité, Madrid juge « une politique migratoire efficace et cohérente indispensable ».
Cette décision résulte aussi d’un lobbying inédit mené par plus d’un millier d’organisations, des associations patronales aux groupes religieux et collectifs citoyens. L’initiative législative populaire a même recueilli plus de 700 000 signatures, selon des sources gouvernementales.
Des conditions claires, loin d’être excessives
Cette régularisation n’est ni automatique ni ouverte à tous. Elle bénéficiera aux migrants sans papiers et aux demandeurs d’asile capables de prouver leur présence en Espagne avant le 31 décembre 2025, précise le document préparatoire.
Trois conditions principales sont exigées : « Absence de casier judiciaire, Arrivée sur le territoire espagnol avant le 31 décembre 2025 et preuve d’une résidence effective d’au moins cinq mois consécutifs ».
Sur ce dernier point, les critères ont été assouplis : la résidence peut être prouvée par des dossiers médicaux, certificats de services sociaux, transferts d’argent, titres de transport ou preuves de rendez-vous administratifs. Un choix assumé, car « les sans-papiers ont rarement accès à des contrats ou à une inscription officielle à l’état civil », explique une source proche du dossier.
Quels avantages pour les personnes sélectionnées ?
Dès le dépôt de la demande, toute procédure d’expulsion ou de rapatriement est suspendue, assure Podemos, à l’origine de plusieurs garanties du texte.
En cas d’acceptation, un titre de séjour provisoire est délivré, autorisant un travail légal immédiat dans n’importe quel secteur et région. Ce titre donne aussi accès aux soins de santé et aux droits fondamentaux.
Après cette phase, un permis de séjour d’un an, renouvelable, est accordé, ouvrant la voie à un titre standard et au regroupement familial, notamment pour les enfants.
Une décision cruciale pour les Algériens en Espagne
Pour de nombreux Algériens, cette mesure dépasse le cadre administratif : beaucoup vivent dans la peur constante d’un contrôle ou d’une expulsion.
Les entrants illégaux peuvent être concernés, à condition de prouver leur présence, d’être sans casier judiciaire et de respecter les délais. Cette régularisation marque un tournant : pour l’Espagne, elle sort des centaines de milliers de personnes de l’ombre ; pour les Algériens, elle transforme des années de précarité en stabilité légale.
















