L’Algérie et la Malaisie renforcent leur coopération industrielle : nouveau pivot vers l’Asie ?

L’Algérie et la Malaisie renforcent leur coopération industrielle : nouveau pivot vers l’Asie ?

L’Algérie accélère son pivot économique vers l’Asie. La récente rencontre entre la Société nationale de la sidérurgie (SNS) et le Groupe Lion malaisien, en présence de l’ambassadeur de Malaisie Rizany Irwan Muhamed Mazlan, confirme cette tendance. Tan Sri William Cheng, PDG du conglomérat malaisien, a exposé des projets d’investissement de 8 milliards de dollars dans la sidérurgie et les mines algériennes, susceptibles de créer 10 000 emplois.

Cette initiative s’explique par un constat qui s’impose depuis quelques années déjà. Les partenariats traditionnels de l’Algérie s’essoufflent. Les échanges avec l’Union européenne restent dynamiques, dépassant 29 milliards de dollars sur sept mois en 2024, mais la diversification reste un enjeu. Les échanges avec la Chine ont atteint 12,5 milliards. Parallèlement, Alger adhère bientôt au Traité d’amitié et de coopération de l’association des nations de l’Asie du sud-est (ASEAN).

Les tensions diplomatiques avec certains partenaires européens, notamment sur le Sahara occidental, accélèrent cette réorientation. Le récent contrat de 850 millions de dollars signé en 2024 entre Sonatrach et la chinoise Sinopec pour l’exploration du champ de Hassi Berkane-Nord, illustre ce basculement progressif vers l’Est.

Une complémentarité énergétique et industrielle

Au-delà des investissements annoncés, la coopération algéro-malaisienne repose sur des complémentarités concrètes. Dans l’énergie d’abord : la Malaisie, deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, développe l’hydrogène vert, un secteur qui intéresse Sonelgaz. Des rencontres sont programmées entre l’opérateur algérien et des entreprises malaisiennes pour explorer ces synergies.

Les infrastructures offrent également des perspectives. L’accord signé avec CRRC ZELEC pour créer un complexe ferroviaire algérien vise l’exportation vers les marchés asiatiques. Ces projets transsahariens pourraient faire de l’Algérie une plateforme logistique entre l’Afrique et l’Asie, renforçant ainsi sa position géostratégique.

Cette convergence économique trouve un écho politique. Algériens et Malaisiens partagent des positions similaires sur les questions de non-ingérence et défendent ensemble certains dossiers aux Nations unies. Cette proximité diplomatique facilite les négociations commerciales et crée un climat de confiance favorable aux investissements.

Cependant, les projets malaisiens nécessiteront des infrastructures énergétiques massives, notamment des centrales électriques dédiées. Un défi logistique et financier non négligeable pour l’Algérie, qui devra mobiliser des ressources importantes pour accompagner ces investissements.

Les risques d’une nouvelle dépendance

Cette fuite vers l’Asie comporte cependant des écueils. La dette extérieure algérienne envers la Chine représente déjà 40 % du total en 2025. Multiplier les partenaires asiatiques pourrait substituer une dépendance à une autre, sans résoudre les fragilités structurelles de l’économie algérienne.

La sidérurgie, secteur privilégié de la coopération avec la Malaisie, constitue pourtant un enjeu de souveraineté industrielle. Son développement permettrait de réduire les importations et de soutenir d’autres secteurs manufacturiers. Mais l’histoire économique algérienne est jalonnée de projets industriels ambitieux qui n’ont pas tenu leurs promesses.

L’autre défi concerne la diversification économique. Malgré les discours officiels, l’Algérie reste largement tributaire des hydrocarbures. Ces nouveaux partenariats asiatiques pourraient-ils enfin amorcer la transformation structurelle tant espérée ? Ou ne feront-ils que déplacer les dépendances géographiques sans modifier fondamentalement le modèle économique ?

La stratégie algérienne vise également à contrebalancer l’influence croissante du Maroc dans la région, notamment après le rapprochement de Rabat avec Israël et les États-Unis. En renforçant ses liens avec l’ASEAN et les pays non alignés, l’Algérie cherche à consolider son leadership dans les organisations panafricaines et islamiques.

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