En visite à Alger, l’ancienne ministre appelle le MEDEF à renouer le contact avec le patronat algérien, interrompu depuis deux ans.
“L’Algérie ne va pas attendre la France, elle diversifie ses partenariats”. Ségolène Royal, en visite à Alger en tant que présidente de l’Association pour l’amitié entre les peuples algérien et français, a appelé jeudi soir à une reprise du dialogue entre patronats. “Si la France veut continuer à être dans ce partenariat, il faut qu’elle vienne ici”.
“Les relations économiques ont été quasiment suspendues”, a-t-elle constaté lors d’une conférence de presse à l’hôtel Aurassi. L’ancienne candidate à l’Élysée a annoncé qu’elle contacterait le président du MEDEF à son retour en France pour l’inviter à se rendre à Alger. “Ça fait deux ans qu’il n’y a pas eu de contact”, a-t-elle souligné, précisant que le président du CREA, Kamel Moula, se disait “disposé” à recevoir son homologue français.
La Chine en tête des fournisseurs
La France reste le deuxième fournisseur de l’Algérie avec 11,7 % de parts de marché, mais elle est désormais distancée par la Chine (22,9 %). Le stock d’investissements directs français en Algérie s’élève à 2,8 milliards d’euros, ce qui place l’Hexagone au troisième rang des investisseurs étrangers, derrière les États-Unis et l’Italie. Les échanges commerciaux franco-algériens ont atteint 11,1 milliards d’euros en 2024, en recul de 4,3 % sur un an, selon la direction générale du Trésor. L’Algérie reste toutefois le deuxième marché africain pour les entreprises françaises, derrière le Maroc.
Au cours de sa visite, Ségolène Royal a rencontré des responsables de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie et visité plusieurs entreprises. Elle a évoqué l’exemple d’une école de commerce algérienne partenaire de l’Université de Lille, dont la coopération pourrait pâtir d’une dégradation prolongée des relations bilatérales.
L’ancienne ministre conditionne toutefois la reprise des échanges économiques à un règlement préalable du contentieux mémoriel. Elle compte plaider auprès d’Emmanuel Macron pour une restitution des biens culturels et des archives à l’Algérie, un geste qui pourrait selon elle “se faire en 24 heures”.
Encore faudrait-il que Paris et Alger se parlent. Ce n’est plus le cas depuis la diffusion d’une émission sur France 2 qui a provoqué la colère des autorités algériennes.
















