Remaniement : un exécutif resserré entre continuité et pari technocrate

Remaniement : un exécutif resserré entre continuité et pari technocrate

Un peu plus de quinze jours après le limogeage de Nadir Larbaoui, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a procédé à la nomination d’un nouvel exécutif conduit par Sifi Ghrieb, confirmé dans son poste de Premier ministre. À première vue, la composition de ce gouvernement illustre à la fois un souci de continuité dans les principaux portefeuilles régaliens et une volonté d’adaptation à de nouveaux défis.

Continuité dans les ministères stratégiques

Les grands ministères n’ont pas connu de bouleversements majeurs. Ahmed Attaf reste à la tête des Affaires étrangères, consolidant sa position dans un contexte géopolitique sensible. Alors qu’il était donné partant par la rumeur, son maintien semble répondre au souci de préserver la stabilité diplomatique, alors que plusieurs dossiers régionaux et internationaux restent brûlants. Lotfi Boudjemaa conserve la Justice, tandis que le général Saïd Chanegriha demeure ministre délégué auprès du ministre de la Défense nationale et chef d’État-major de l’ANP. Le portefeuille des Finances, confié à Abdelkrim Bouzerd, reste également inchangé.

Cumuls et promotions

Parmi les nouveautés figure le renforcement des responsabilités du ministère des Transports. Réputé proche de Tebboune, Saïd Sayoud cumule désormais ce portefeuille avec celui de l’Intérieur, l’un des plus stratégiques de l’État. Ce cumul traduit autant une volonté d’efficacité qu’un signe de confiance, malgré les critiques le visant après le drame d’Oued El Harrach. Sayoud aura notamment la lourde tâche de préparer les prochaines élections législatives prévues au printemps.
Autre innovation : la création d’un département chargé de l’Inspection des services de l’État et des collectivités locales. Confié à Brahim Merad, ex-ministre de l’Intérieur, ce portefeuille s’apparente à « l’œil de Moscou » de Tebboune, chargé de passer au crible l’action des responsables locaux, souvent critiqués pour la bureaucratie et les entraves freinant la mise en œuvre des politiques publiques.

Neuf femmes au gouvernement

L’exécutif actuel se distingue aussi par la présence de neuf femmes, un chiffre notable comparé aux précédents exécutifs : Malika Bendouda (Culture), Houria Meddahi (Tourisme), Soraya Mouloudji (Solidarité nationale), Kaoutar Krikou (Environnement), Nadjiba Djilali (Relations avec le Parlement), Nacima Arhab (Formation professionnelle), Amel Abdellatif (Commerce intérieur), ainsi que deux secrétaires d’État, Bakhta Selma Mansouri et Karima Bakir.
Ce chiffre, supérieur à celui de plusieurs gouvernements passés, traduit une volonté d’élargir la représentativité féminine au sein de l’exécutif, même si la parité demeure encore lointaine.

Nouvelles créations et ajustements

Deux départements ont été scindés pour gagner en efficacité. Le commerce est désormais divisé entre un ministère chargé du commerce extérieur et de la promotion des exportations (Kamel Rezig, reconduit malgré une forte impopularité sur les réseaux sociaux) et un autre en charge du commerce intérieur et de la régulation du marché national (Amel Abdellatif).
Tayeb Zitouni, figure montante du RND, n’a pas survécu au remaniement malgré une activité intense et une forte visibilité médiatique.
Même logique pour l’énergie, désormais répartie entre les hydrocarbures et mines (Mohamed Arkab) et les énergies renouvelables (Mourad Adjal). Ces choix traduisent la priorité donnée à la régulation économique et à la transition énergétique.

Un gouvernement technocrate et d’austérité ?

Par bien des aspects, le nouvel exécutif apparaît résolument technocratique, centré sur les compétences sectorielles. Certaines désignations interrogent néanmoins, comme la nomination de l’ancien ministre des start-up à la tête de l’Agriculture. La plupart des nouveaux ministres n’ont pas de parcours politique marqué, renforçant l’image d’un gouvernement de gestion plutôt que d’orientation partisane.
La rationalisation du nombre de ministères par rapport à certains exécutifs précédents s’apparente à une démarche d’austérité et d’optimisation. Alors que les gouvernements sous Tebboune ou Bouteflika dépassaient souvent 35 portefeuilles, l’actuelle équipe resserrée témoigne d’un recentrage des priorités. Le poids accru donné à certains secteurs (commerce, énergie, industrie pharmaceutique, start-up) illustre une volonté d’adapter l’appareil exécutif aux défis économiques actuels.

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