Une rencontre a fixé une nouvelle feuille de route entre l’Algérie et le géant égyptien Elsewedy Electric. Le ministre Mourad Adjal a reçu ce mardi 10 mars, Mostafa Awad Elhalawany, directeur general, et une déliguation de la filiale algérienne. Pour l’extension des capacités de production locales et une offensive commune vers les marchés de l’Afrique et du Moyen-Orient.
Il s’agit de transformer la réussite algérienne en un levier d’exportation massif. Le climat des affaires est désormais jugé « très favorable » pour passer de la simple fabrication locale à une domination régionale.
Un géant industriel ancré en Algérie : 20 milliards $ de bilan
En moins de vingt ans, Elsewedy Electric n’a pas seulement investi ; elle s’est fondue dans le paysage industriel national. Le groupe affiche aujourd’hui une activité de 20 milliards de dollars en Algérie. Ses domaines d’intervention couvrent toute la chaîne de valeur de l’énergie : production, distribution, transport et énergies renouvelables.
Tout commence réellement en 2008 avec l’usine de câbles d’Aïn Defla. Ce site produit 30 000 tonnes de câbles en cuivre et aluminium chaque année. Depuis, l’offre s’est étoffée. En 2012, l’usine de transformateurs est devenue opérationnelle avec une capacité de 3 000 unités par an. Enfin, en 2018, une unité d’accessoires de câbles a été lancée avec une capacité de 100 000 articles annuels. Ce socle industriel permet déjà d’exporter vers l’Italie, l’Espagne, le Chili ou encore l’Arabie Saoudite.
Extension de gamme : l’Algérie, futur hub des composants « Haute Tension »
Le ministre Mourad Adjal veut aller plus loin. Lors des échanges de ce 10 mars, l’accent a été mis sur la production locale de composants stratégiques autrefois importés. L’Algérie ne veut plus seulement assembler, elle veut créer la valeur ajoutée technologique sur son sol.
L’extension des activités portera sur la fabrication d’accessoires pour câbles électriques, mais surtout sur des segments de pointe, comme les isolateurs électriques haute tension et les transformateurs haute tension. En produisant ces équipements en Algérie, le secteur de l’énergie renforce sa souveraineté. Le ministre a d’ailleurs salué « le niveau d’engagement » du partenaire égyptien, qui respecte ses promesses d’investissement.
Mostafa Awad Elhalawany : « Nous fabriquons ici ce que nous faisions ailleurs »
Pour le directeur général d’Elsewedy Electric Algeria, Mostafa Awad Elhalawany, le partenariat avec Sonelgaz est le moteur de cette croissance. « Nous avons l’honneur d’être reçus par le ministre pour lequel nous avons discuté du début de fabrication de plusieurs industries électriques et accessoires. Autrefois, nous les fabriquions ailleurs, mais maintenant, nous les fabriquons ici », a-t-il affirmé à l’issue de l’audience.
L’entreprise mise sur sa proximité culturelle et géographique avec les besoins africains. Avec 24 sites de production sur le continent et des projets dépassant les 4 milliards de dollars, Elsewedy se voit comme le partenaire naturel de l’Algérie pour conquérir le Sud. « Nous avons discuté longuement du marché africain qui est très important selon le ministre », a ajouté Elhalawany.
Cap sur l’export : Sonelgaz et Elsewedy visent la « part du lion »
Le mot d’ordre du ministre Mourad Adjal est l’accélération. Il a donné des instructions fermes pour intensifier la cadence des projets liant Sonelgaz au groupe égyptien. La priorité absolue : les marchés extérieurs. Le ministre estime que l’Algérie possède un « potentiel énorme » pour dominer le secteur de l’ingénierie et de la construction de centrales électriques en Afrique.
Le duo Sonelgaz-Elsewedy dispose d’un atout maître : l’expertise des cadres algériens combinée à la force industrielle égyptienne. Pour le ministère, ce climat de coopération est l’opportunité idéale pour « conquérir » un marché africain en pleine demande d’infrastructures.
















