En 2025, l’accès à la nationalité française confirme une tendance lourde et bien installée : plus d’un nouveau Français sur trois est originaire du Maghreb. Les chiffres officiels du ministère français de l’Intérieur (DGEF) sont éloquents : sur 62 235 acquisitions par décret ou par déclaration, 36% concernent des ressortissants maghrébins, avec le Maroc, l’Algérie et la Tunisie en tête du classement.
Ces données, issues des statistiques consolidées pour l’année 2025, illustrent la profondeur des liens humains entre la France et l’Afrique du Nord, mais aussi les mutations administratives et politiques qui encadrent l’accès à la citoyenneté.
Maghreb : les Marocains en tête
Selon le ministère de l’Intérieur, « l’acquisition de la nationalité française concerne dans plus d’un cas sur trois des ressortissants du Maghreb ». En détail, les Marocains occupent la première place avec 9 548 nouveaux Français, soit 15% du total national.
Les chiffres précisent que 6619 naturalisations ont été accordées par décret, contre 2 929 par déclaration (notamment par mariage ou filiation). Malgré un léger recul annuel (–6,1% par rapport à 2024), les Marocains conservent leur position dominante. Cette stabilité reflète une dynamique ancienne, nourrie par l’ancienneté de la présence marocaine en France et une structuration administrative solide des parcours de naturalisation.
Algériens : 13% des acquisitions malgré une chute de 91% des CIR
Avec 7 985 acquisitions, les Algériens se placent deuxièmes, représentant 13% des nouveaux Français en 2025 – un chiffre significatif dans un contexte diplomatique et administratif tendu.
Au détail, 4 867 ont obtenu la nationalité par décret et 3 118 par déclaration. Le ministère souligne toutefois une évolution majeure : la signature du Contrat d’Intégration Républicaine (CIR) par les ressortissants algériens a chuté de 91,3% en un an. En 2025, seuls 583 Algériens ont signé un CIR, contre 6 709 en 2024.
Cette baisse spectaculaire ne signale pas un désengagement, mais un changement de pratique : l’OFII a cessé de convoquer systématiquement les Algériens, le CIR n’étant pas une obligation légale pour eux en vertu des accords franco-algériens de 1968. Malgré cette quasi-disparition des CIR, les Algériens maintiennent leur deuxième place, confirmant la solidité de leur présence dans les naturalisations.
Près de 59% des nouveaux Français sont africains, 30% par mariage
Au-delà du Maghreb, l’Afrique reste le premier continent d’origine : 59% des acquisitions de nationalité française en 2025 concernent des ressortissants africains, toutes procédures confondues.
Autre fait clé : près de 18 000 acquisitions (environ 30% du total) sont liées au mariage, à l’ascendance ou à la fratrie. Le ministère précise que « plus de deux tiers des acquisitions sont accordées par décret », avec de fortes disparités selon les nationalités.
Ces chiffres montrent que la nationalité française agit comme un levier d’intégration familiale et un marqueur de trajectoires migratoires longues, souvent bâties sur plusieurs décennies.
















