« 50 000 tonnes de déficit par an » : l’Algérie face à l’urgence de la viande rouge

« 50 000 tonnes de déficit par an » : l’Algérie face à l’urgence de la viande rouge
Prix de la viande rouge

L’Algérie fait face à un défi majeur de sécurité alimentaire dans la filière des protéines animales. Le pays enregistre un déficit annuel colossal de 50 000 tonnes de viande rouge. Pour s’affranchir de la dépendance aux importations, la production nationale doit impérativement augmenter de ce même volume chaque année.

Ce constat alarmant a été dressé ce mercredi par M. Afrit Fatah, membre du Conseil interprofessionnel des viandes, lors de son intervention sur les ondes de la Chaîne 2 de la Radio nationale. Un cheptel insuffisant pour plus 46 millions d’habitants L’origine de cette crise réside principalement dans la faiblesse numérique du cheptel national. Actuellement, l’Algérie compte entre 25 et 30 millions de têtes d’ovins et environ deux millions de têtes de bovins. Ces chiffres s’avèrent dérisoires face aux besoins d’une population dépassant désormais les 46 millions d’habitants.

La pression démographique accentue mécaniquement la tension sur l’offre, provoquant une instabilité chronique des prix sur le marché local de la viande rouge. En outre, elle gonfle la facture d’importation.

Vers une organisation en coopératives

Pour combler ce fossé, l’invité de la Chaîne 2 préconise une restructuration profonde du modèle agricole. Il recommande vivement l’organisation des éleveurs en filières coopératives. Selon M. Afrit Fatah, ce modèle a fait ses preuves à l’échelle mondiale. Les coopératives permettent effectivement de mutualiser les moyens, de réduire les coûts de production et d’optimiser les rendements globaux. Sans ce regroupement stratégique, les petits éleveurs restent vulnérables aux fluctuations du marché.

Un autre levier de croissance identifié concerne la spécialisation génétique. L’expert appelle à une séparation nette entre la production laitière et celle de la viande rouge. Il souligne que les vaches de race « viande » possèdent des caractéristiques morphologiques et physiologiques différentes des races laitières. En clair, un producteur de viande ne devrait pas élever de vaches à lait s’il souhaite maximiser sa rentabilité. Cette distinction est cruciale pour améliorer la qualité et la quantité de carcasse disponible à l’abattage.

Réduction des coûts et appel aux investisseurs

Parallèlement, des efforts soutenus visent à stabiliser le prix de l’aliment de bétail. L’objectif à terme est de transformer l’Algérie en un producteur autonome d’intrants alimentaires. Cette souveraineté permettra aux éleveurs de réduire leurs charges opérationnelles et, par extension, le prix final au consommateur.

Enfin, M. Afrit Fatah lance un appel pressant aux capitaux privés. Il qualifie l’élevage de bétail destiné à l’abattage de « créneau porteur » et hautement rentable. Pourtant, ce secteur souffre encore d’un manque d’attractivité auprès des investisseurs nationaux. Pour corriger cette anomalie, les autorités comptent multiplier les campagnes de sensibilisation à travers les différentes wilayas du pays. L’enjeu est de transformer cette filière traditionnelle en une véritable industrie agroalimentaire moderne.

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