L’ancien ministre de l’Industrie comparaît aux côtés de son fils et de plusieurs autres prévenus pour des soupçons de corruption. Une affaire qui a contribué à son éviction du gouvernement en novembre 2024.
Le tribunal du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed a décidé, ce lundi 2 février, de reporter au 16 février l’examen du dossier dit “Imetal”. Parmi les prévenus figure Ali Aoun, ancien ministre de l’Industrie et de la Production pharmaceutique, son fils, ainsi que Charaf Eddine Amara, ex-directeur général de la société Madar.
L’affaire porte sur des soupçons de corruption, de gestion irrégulière et d’octroi d’avantages indus au sein du groupe Imetal, aujourd’hui rebaptisé Société nationale de sidérurgie (SNS). Ce mastodonte industriel, né en 2015 de la fusion de Transolb et Construmet, chapeaute une vingtaine de filiales et joue un rôle central dans la stratégie algérienne de réindustrialisation.
L’enquête, ouverte en mars 2023 après un rapport transmis au parquet, a mis au jour un système présumé de détournements de fonds publics, de blanchiment d’argent et d’attribution irrégulière de marchés. Les investigations ont notamment révélé des irrégularités dans la gestion du complexe sidérurgique d’El Hadjar (Sider) et de l’Entreprise nationale de récupération (ENR).
L’arrestation du fils d’Ali Aoun fin octobre 2024, pour « corruption », « enrichissement illicite » et « trafic d’influence », a précipité la disgrâce du ministre. Selon l’enquête, un homme d’affaires aurait admis avoir versé une somme d’argent au fils d’Ali Aoun pour faciliter certaines transactions avec des filiales du groupe Imetal.
Quelques semaines plus tard, lors du remaniement ministériel du 18 novembre 2024, Ali Aoun était écarté du gouvernement. Il a été remplacé par Sifi Ghrib à la tête du ministère de l’Industrie.
Un premier volet déjà jugé
Cette affaire connaît plusieurs ramifications. En décembre 2025, le même tribunal a rendu un premier verdict : onze prévenus ont été condamnés à des peines allant de 18 mois à 15 ans de prison ferme. La condamnation la plus lourde a visé l’ancien directeur général de l’Entreprise nationale de récupération. L’ex-PDG du complexe Sider a quant à lui écopé de six ans de prison ferme.
Le volet concernant Ali Aoun et son fils constitue un dossier distinct. L’ancien ministre comparaît sous contrôle judiciaire, tandis que son fils reste en détention provisoire.
Ancien PDG du groupe pharmaceutique Saidal pendant douze ans, Ali Aoun avait été nommé ministre de l’Industrie en mars 2023. Ce n’était pas sa première confrontation avec la justice : en 2007, il avait été condamné à deux ans de prison ferme dans l’affaire Khalifa, avant d’être acquitté en 2022 après plusieurs rejugements.
















