Affaire Khalifa – Abdelmoumène Khalifa aurait financé des affiches en prévision de la campagne de Bouteflika d’avril 2004

Affaire Khalifa – Abdelmoumène Khalifa aurait financé des affiches en prévision de la campagne de Bouteflika d’avril 2004
Abdelaziz Bouteflika recevant Abdelmoumene Khalifa, du temps de son éphémère gloire.

S’il affichait son soutien pour le candidat Ali Benflis lors des présidentielles de 2004, Abdelmoumène Khalifa préparait les affiches, les posters et les drapeaux à l’effigie du président Abdelaziz Bouteflika. C’est ce qu’a révélé, dans l’après midi de ce 19 mai, M. Mouhamed Belkbir Amar, l’ancien responsable de l’entreprise d’imprimerie d’Al Khalifa.

 

 

L’excitation baisse d’un cran dans la salle d’audience numéro 1 du tribunal de Blida, à mesure que nous nous rapprochons du terme de la fameuse liste des personnes impliquées dans ce qui est désormais nommé le « Procès du siècle ». Les chefs d’inculpation qui formaient presque un paragraphe au début du procès se rétrécissent pour se limiter aujourd’hui à l’abus de confiance pour lequel ont comparu, devant le président du tribunal criminel, Antar Menouar, des cadres et anciens cadres d’entreprises nationales ou agences du groupe El Khalifa.

Ces accusés sont venus des quatre coins du pays et même de l’étranger pour relater les expériences qui leur ont valu cette accusation d’« abus de confiance » pour une voiture, utilisée ou non, rendue à l’échéance convenue ou quelques jours plus tard, parfois même pour un téléphone portable, un dîner réel ou fictif, ou une …tablette de chocolat comme s’amuse à nous le dire ironiquement un avocat à la cour d’Alger.

 

« Certains pilotes d’Al Khalifa Airways n’avaient leur Baccalauréat »

 

Mais l’heure n’était pas qu’au ridicule et à la platitude dans cette avant-dernière journée d’audience des accusés qui se tient loin du vacarme des badauds et de la multitude des journalistes qui animent la morosité des tribunaux. Des révélations étonnantes sont venues relancer les débats.

Vers la fin de la matinée d’aujourd’hui, le juge a appelé Ladjlate Lilya, ancienne chargée de clientèle à la Bank Al Khalifa, puis coordinatrice inter-départements au sein d’Al Khalifa Airways, et en même temps responsable d’Al Khalifa pour la couture (confection d’uniformes pour le personnel navigant). Elle a affirmé, lors de son audition, que parmi les pilotes d’Al Khalifa Airways, il y en avait qui n’avaient pas leur baccalauréat. Blanchie en 2007 de l’accusation d’« abus de confiance (selon elle, une « voiture non rendue au terme fixé par la gendarmerie pour cause de déplacement à l’étranger »), elle se chargeait également, entre 2000 et 2003, de l’accompagnement administratif des pilotes sélectionnés pour suivre une formation au niveau de la prestigieuse école des pilotes d’Oxford.

Mme Ladjlate qui réside actuellement aux Etats-Unis, a confirmé à trois reprises cette information sur le fait que certains élèves-pilotes n’étaient pas des bacheliers, puis a répondu à l’incompréhension du juge devant une telle situation : « Il n’y a rien d’étonnant, tout le monde peut devenir pilote, même moi si je suis une formation ! ». Elle a dit vers la fin de son audition que les pilotes d’Al Khalifa Airways ont tous été repris par Air Algérie et envoyés en stage en Jordanie.

 

Benflis ou Bouteflika ?

 

S’il affichait son soutien pour le candidat Ali Benflis lors des présidentielles de 2004, Abdelmoumène Khalifa préparait les affiches, les posters et les drapeaux à l’effigie du président Abdelaziz Bouteflika. C’est en tout cas ce qu’a révélé, dans l’après midi de ce 19 mai, M. Mouhamed Belkbir Amar, l’ancien responsable de l’entreprise d’imprimerie d’Al Khalifa.

Cette imprimerie, dont le siège se trouvait à Blida, allait devenir la plus importante imprimerie de tout le tiers-monde, nous disait un avocat agréé à la Cour de Blida. « Elle avait une capacité de tirage de 6.700 livres/heure et est devenue en très peu de temps la pus importante imprimerie en Algérie, en raison notamment de la qualité de ses machines et de ses produits », a raconté M. Belkbir au juge. Toutefois, le point saillant de ce qu’il a raconté n’était pas relatif à ce grand investissement volatilisé, mais plutôt à la demande de Abdelmoumène Khalifa de confectionner des drapeaux, des posters et des affiches en prévision de la campagne électorale de Abdelaziz Bouteflika pour les présidentielles de 2004. « Abdelmoumène Khalifa m’a appelé en 2003, et m’a demandé de préparer des drapeaux portant la photo de Bouteflika de 9 mètres sur 6, pour les accrocher sur les grands immeubles à l’approche de la compagne électorale », a-t-il raconté.

 

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