Ahmed Lahri, organisateur du salon ICT Maghreb 2021 : « 40% des métiers des 20 prochaines années n’existent pas aujourd’hui »

Ahmed Lahri, organisateur du salon ICT Maghreb 2021 :  « 40% des métiers des 20 prochaines années n’existent pas aujourd’hui »

En marge du lancement du salon international des technologies de télécommunication ICT Maghreb 2021, qui se tient du 15 au 17 mars, au palais de la culture Moufdi Zakaria, à Alger, Maghreb Emergent s’est entretenu avec, Ahmed Lahri, l’organisateur de cet événement très attendu par les professionnels du secteur.

Maghreb Emergent : Tout d’abord, comment s’est passée cette première journée du ICT Maghreb, compte tenu de ce contexte sanitaire si particulier ?

Ahmed Lahri : Je dirai que, malgré nos appréhensions, il s’agit bien d’une première journée réussie. Il est vrai qu’il n’était pas si simple d’organiser un événement de cet acabit dans de telles circonstances, mais nous avons relevé ce défi, avec nos partenaires, d’autant plus que l’ICT Maghreb attire énormément les opérateurs économiques, friands d’opportunités de networking, notamment en B to B.

Aujourd’hui, c’est à leur demande que nous l’avons fait, car nous étions très sollicités, afin de leur concocter un « beau salon », leur permettant de faire du réseautage.

Nous avons eu la visite de trois ministres, d’énormément d’ambassadeurs des pays étrangers, mais surtout la participation active de quelque 50 exposants et beaucoup de visiteurs, à telle enseigne que nous sommes surpris.

Les opérateurs du secteur des TIC, tous types confondus (PME, startups, secteur public), ne sont pas toujours assez visibles pour pouvoir attirer des investissements et prétendre au développement qui leur est nécessaire. Comment peut-on y remédier d’après vous ?

Cette problématique est justement au cœur des préoccupations de ce salon. C’est le premier « big Event » en présentiel post-Covid. Il n’y pas de secret ! Le besoin de fédérer et regrouper les acteurs du secteur des TIC, pour que naisse ce fameux écosystème dont ils ont besoin pour se développer.

En ce qui concerne le digital et le numérique, force est de constater que la crise causée par la pandémie Covid-19 leur été favorable, d’une certaine manière, car elle a permis l’émergence d’une certaine conscience citoyenne, quant à la nécessité de recourir aux nouvelles technologies dans la vie quotidienne, et par extrapolation le besoin de les développer localement.

Ce n’est plus un luxe, il s’agit bel et bien de nouvelles habitudes de consommation qui frappent à nos portes. Applications, sites, solutions IT…Les plus récalcitrants parmi nous comprennent désormais que nous n’avons plus choix de nous en détourner et que nous devons, ainsi, rapidement aller vers la numérisation de pans entiers de notre société. Une brèche s’est ouverte, à nous de nous y engouffrer !

Le secteur des TIC a jusque-là été l’apanage du domaine public en Algérie. Pensez-vous que le privé aura enfin sa chance, si l’on se fie aux dernières annonces et déclarations plutôt ambitieuses des pouvoirs publics ?

Il faut appeler un chat un chat ! La dichotomie existant entre les secteur public et privé en Algérie est toujours d’actualité. Et à travers notre événement, nous voulons faire en sorte que cette mentalité soit dépassée. Tout le monde, y compris les petites startups, doit être logé à la même enseigne, et dans ce salon ils ont tous leur place.

C’est par l’innovation et le travail que l’on se distingue les uns des autres. Car la réussite du réseau dépend de ce brassage de compétences, mais également de la compétitivité qui en découle, mettant à profit les défis relevés par les différents acteurs qui le constituent, peu importe qu’il soient réussis ou pas !

Le ICT Maghreb est justement l’endroit où ils doivent se réunir pour faire des propositions et échanger sur leurs projets respectifs. L’essentiel, c’est de laisser tout ce beau monde travailler, de manière que chacun puisse apporter sa pierre à l’édifice.

Sachez, par ailleurs, que 40% à 50% des métiers des 20 prochaines années n’existent pas aujourd’hui. Alors autant accompagner la révolution du travail et l’emploi, et donc de l’économie, plutôt que de rester spectateur pour une trentaine d’années encore. C’est cela le sens d’un écosystème !

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