Alger renoue avec Niamey et Ouagadougou : l’énergie au cœur du dégel

Alger renoue avec Niamey et Ouagadougou : l’énergie au cœur du dégel
Le chef de l’Etat du Niger, le général Abdourahamane Tiani recevant Mohamed Arkab, ministre algérien de l’énergie le lundi 26 janvier 2026 (dr)

Le retour des ambassadeurs à Alger et Niamey et la visite du ministre algérien de l’Énergie et des Mines à Ouagadougou illustrent un réchauffement pragmatique des relations, où la coopération énergétique devient le moteur de la normalisation.

Après plusieurs mois de crise déclenchée au printemps 2025, les relations entre l’Algérie et deux pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Niger et le Burkina Faso, s’engagent dans une phase de normalisation où l’énergie apparaît comme le principal levier de rapprochement.

La rupture est intervenue en avril 2025, lorsque l’Algérie a abattu un drone militaire malien ayant violé son espace aérien, provoquant le rappel des ambassadeurs du Mali, du Niger et du Burkina Faso d’Alger, suivi d’une mesure de réciprocité algérienne. La tension était alors montée sur fond d’activisme diplomatique marocain proposant notamment un accès — complexe à mettre en œuvre — de ces pays enclavés à l’Atlantique.

Rabat a également mis en avant un projet de gazoduc atlantique présenté comme concurrent du projet, plus ancien, reliant le Nigeria à l’Algérie. Mais le réalisme économique et la géographie semblent avoir fini par s’imposer. Dans une note interne, le cabinet North Africa Risk Consulting a qualifié le projet marocain, dont le coût oscillerait de 25 à 38 milliards de dollars, de « solution in search of a problem ».

Réactivation

En février 2026, les canaux diplomatiques entre Alger et ses voisins sahéliens se réactivent. Avec le Niger, la normalisation est désormais effective : l’ambassadeur nigérien a repris le 12 février ses fonctions à Alger, tandis que l’Algérie a procédé le même jour au retour immédiat de son ambassadeur à Niamey, rétablissant un dialogue politique régulier entre les deux capitales.

Ce dégel s’inscrit dans une logique d’intérêts énergétiques partagés. Au-delà des enjeux sécuritaires prégnants au Sahel, Alger et Niamey coopèrent sur l’intégration régionale, le transit, la valorisation des ressources et les infrastructures énergétiques, domaines où le Niger recherche des partenaires stables et techniquement crédibles.

Même logique avec le Burkina Faso. Le ministre d’État algérien chargé de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, effectue du 12 au 14 février une visite de travail à Ouagadougou, à la tête d’une délégation comprenant les dirigeants de Sonatrach et de Naftal ainsi que des cadres du secteur énergétique.

Les discussions portent sur les hydrocarbures, les mines, l’électricité et les énergies renouvelables, avec un accent sur le transfert d’expertise et la sécurisation des approvisionnements, dans une optique de coopération Sud–Sud.

Dans les deux cas, l’apaisement repose sur une démarche pragmatique : l’énergie comme vecteur de stabilité, d’investissement et de projection économique régionale.
Pour Alger, cette diplomatie énergétique vise à consolider sa profondeur stratégique au Sahel, sécuriser ses frontières sud et ancrer son rôle de pôle africain dans les secteurs du gaz, de l’électricité et des infrastructures.

Reste le Mali, avec lequel la crise demeure plus complexe, car liée aux enjeux de souveraineté et de sécurité transfrontalière. Sa normalisation nécessitera un traitement plus politique.

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