Le secteur du transport privé de voyageurs traverse une zone de fortes turbulences. Ce mardi 6 janvier 2026, la grève nationale déclenchée samedi dernier entre dans sa quatrième journée consécutive. Ce mouvement de contestation, suivi massivement sur l’ensemble du territoire, témoigne d’une rupture profonde entre les opérateurs privés et les autorités.
Une mobilisation totale des opérateurs privés
Dès les premières heures de la matinée, le constat d’une paralysie totale s’est imposé. Les transporteurs privés maintiennent une unité d’action remarquable. En effet, le suivi du débrayage demeure massif dans toutes les wilayas du pays. Les images des gares routières et des terminaux urbains illustrent parfaitement l’ampleur de la contestation : les bus restent stationnés dans les garages ou les parcs de stationnement privés, laissant les infrastructures de transport totalement vides de tout véhicule de transport de passagers.
Mardi matin, la situation n’a connu aucune évolution par rapport aux journées précédentes. Seuls les bus relevant des entreprises publiques circulent sur les axes principaux. À l’exception de quelques rares transporteurs privés n’ayant pas suivi le mot d’ordre, l’écrasante majorité des exploitants de lignes régulières et urbaines maintient la suspension de l’activité. Cette détermination montre que les syndicats et les collectifs de transporteurs ne comptent pas céder sans obtenir de garanties concrètes de la part du gouvernement.
Les raisons d’une colère persistante
Les grévistes affichent une position claire : ils rejettent catégoriquement toute reprise du travail avant d’obtenir une réponse favorable à leur plateforme de revendications. Ces exigences, jugées non négociables par les représentants des transporteurs, s’articulent autour de trois axes fondamentaux qui touchent directement la viabilité de leurs entreprises.
Premièrement, le retrait du projet d’amendement du Code de la route constitue la pierre d’achoppement principale. Les opérateurs privés considèrent les nouvelles dispositions législatives comme une menace directe pour leur profession. Ils dénoncent un durcissement des sanctions qu’ils jugent disproportionné par rapport aux réalités du terrain et aux conditions de travail des conducteurs sur les routes nationales.
Une équation économique devenue intenable
Deuxièmement, la question de la tarification est au cœur du conflit. Les grévistes exigent une révision à la hausse des prix des tickets de transport. Selon eux, les tarifs actuels sont obsolètes et ne tiennent plus compte de la réalité économique de l’année 2026. L’inflation et l’augmentation des charges d’exploitation rendent, selon eux, l’activité de transport de voyageurs structurellement déficitaire pour les investisseurs privés.
Enfin, la disponibilité des pièces détachées représente le troisième pilier de cette grève. Les professionnels du secteur pointent du doigt les difficultés d’approvisionnement et l’explosion des prix du matériel de maintenance. Entre la rareté des composants certifiés et le coût exorbitant des pneumatiques et des huiles de moteur, les transporteurs affirment qu’ils ne peuvent plus assurer la sécurité de leurs parcs roulants sans une intervention massive de l’État pour réguler le marché des pièces de rechange.
Une impasse qui se prolonge
Malgré l’ampleur du blocage, aucune séance de négociation officielle n’a permis de dénouer la crise ce mardi. Les grévistes maintiennent leur pression et préviennent que la grève pourrait encore s’étendre si aucune solution n’est trouvée. Le bras de fer avec le ministère de tutelle semble désormais total. En l’absence d’un signal fort concernant le retrait du projet d’amendement du Code de la route ou d’une promesse de réajustement des tarifs, le secteur du transport privé risque de rester à l’arrêt pour une durée indéterminée.

















