Algérie: Abdelkrim Zeghileche, un journaliste qui dérange

Algérie: Abdelkrim Zeghileche, un journaliste qui dérange

Pour les avocats du journaliste, toutes ces affaires en justice sont d’ordre politique. Ils assurent  que l’on veut le faire taire et fermer son média qui a réussi à se faire une place respectable.

Le fondateur de la radio web Sarbacane à Constantine, Abdelkrim Zeghileche est devenu la cible des autorités locales dans la région de Constantine. Pleinement engagé dans l’opposition politique dans le cadre du Mouvement Mouwatana, le journaliste subit, depuis quelques mois, toute sorte de pressions et d’intimidations en raison de ses activités politiques et journalistiques.

Une condamnation et un procès en attente

En faisant de sa radio, crée en 2012, une espace de débat et une tribune pour l’opposition politique, le journaliste s’attire les foudres des institutions du régime. Le début de mois de novembre dernier, la police l’arrête près de chez lui et le présente au procureur de la République près le tribunal de Constantine suite à une plainte pour diffamation déposée contre lui par l’une de ses connaissances. Contre toute attente, le procureur place Abdelkrim en détention préventive. Son procès s’est tenu le 13 novembre, en présence d’une armée d’avocats qui s’est constituée pour le défendre.

Arrêté pour une simple affaire de diffamation, Abdelkrim Zeghileche se retrouve accusé d’ « atteinte à un fonctionnaire en exercice » et « atteinte à la vie privée ».  Les deux derniers chefs d’inculpation ont été, heureusement, abandonnées par la justice.

Le 27 du même mois, la justice condamne le journaliste à deux mois de prison avec sursis. Théoriquement, il devait quitter la prison, mais pas dans les faits. Et pour cause : le juge d’instruction l’a placé en détention préventive pour une affaire liée à la radio Sarbacane. Il est accusé de diffusion d’une radio sans autorisation. Pendant son incarcération, les services de sécurité investissent le siège du média et saisissent tout le matériel trouvé à l’intérieur. Après deux demandes de remise en liberté, Abdelkrim Zeghileche retrouve sa liberté le 18 décembre dernier, mais il attend toujours la programmation de son procès.

Pour ses avocats, toutes ces affaires en justice sont d’ordre politique. Ils assurent  que l’on veut le faire taire et fermer son média qui a réussi à se faire une place respectable dans le paysage médiatique local à Constantine en dépit des contraintes.

La radio Sarbacane, un média qui dérange

La radio web Sarbacane que le journaliste a fondé en 2012, s’est imposée dans la capitale de l’est du pays. La parole est donnée à toutes sensibilités y compris les officiels. Une liberté de parole qui n’a pas plu aux autorités locales qui ont, selon entourage Abdelkrim Zeghileche, « inventé mille et une astuces pour arrêter le média ». Pratiquement, tous les services de l’Etat ont fait le déplacement au siège de la radio et de la boite de communication Sarbacane. D’après, le témoignage du concerné, même les services de Douanes ont participé à cette campagne. « J’ai reçu une convocation de la direction des Douanes me demandant de me rapprocher de ses services pour régulariser une opération d’importation que je n’ai jamais réalisée », raconte-t-il. « Après plusieurs déplacements, on m’a dit qu’il s’agissait d’une erreur », ajoute le journaliste.

Le combat continue

Malgré les pressions qu’il subit, Abdelkrim n’abandonne pas le combat politique et médiatique qu’il mène. « Je reste engagé dans le Mouvement Mouwatana et déterminé à avoir mon média », a-t-il fait savoir. Il a également affirmé qu’il continuera à faire fonctionner sa boite de communication qui propose des services innovants pour les entreprises algériennes.

« Je continuerai à bosser malgré les contraintes, les pressions et les intimidations », promet-il avant de préciser qu’il ne regrette absolument pas d’avoir choisi le combat pour libertés et la démocratie. « Je ne regrette pas mes choix politiques et mon engagement militant », dit-il.

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