Algérie : Des députés s’insurgent contre le gouvernement

Algérie : Des députés s’insurgent contre le gouvernement
Siège de l’Assemblée populaire nationale à Alger (photo publiée sur Algerie-monde.com).

Lakhdar Benkhellaf, chef du groupe parlementaire de la coalition Nahda-Adala-Bina, il considère que les impôts et taxes sont imposés en dehors du principe d’équité tout en dénonçant la corruption.

 

Comme il fallait s’y attendre, les positions des chefs de groupes parlementaires à l’APN ont été conformes au choix de leurs partis lorsqu’il s’agissait d’intervenir ce mardi sur le projet de loi de finances de 2018. Les opposants n’ont pas ménagé Abderrahmane Raouia, ministre des Finances, présent pour apporter la réponse du gouvernement alors que les membres et alliés du gouvernement ont plutôt mis l’accent  sur des aspects considérés comme « positifs ».

Ramdane Taazibt, président du groupe parlementaire du Parti des travailleurs, a estimé que l’exploitation des richesses de l’Algérie est certes recommandée mais que le gouvernement doit fournir des efforts pour récupérer la masse monétaire en dehors du circuit formel ainsi que la récupération des crédits non remboursés d’un montant de 800 milliards DA. Le PT veut aussi que l’Etat récupère le monopole sur le commerce extérieur et dénonce l’accord d’association avec l’Union européenne. Selon le PT, il y a lieu également de supprimer la loi sur les investissements étrangers car, selon ce parti, le pays n’a pas recueilli de bons résultats dans ce domaine.

Le financement non conventionnel est aussi dénoncé par le PT qui refuse la politique d’austérité tout en craignant pour le pouvoir d’achat des travailleurs et la capacité des services publics comme la santé à répondre aux sollicitations des citoyens.

Quant à Lakhdar Benkhellaf, chef du groupe parlementaire de la coalition Nahda-Adala-Bina, il considère que les impôts et taxes sont imposés en dehors du principe d’équité tout en dénonçant la corruption. Des mesures considérées comme anti-économiques et antisociales sont aussi remises en cause par Benkhellaf. Selon lui, le pouvoir d’achat a chuté de 40% en trois ans.

Chafaa Bouiche, du FFS, s’est montré inquiet à propos des solutions proposées par le gouvernement pour dépasser la crise actuelle et dénonce le fait que l’avant-projet de la loi de finances ne traite que d’un seul aspect de cette crise à savoir celui lié aux ressources financières en déclin. 

Hadj Benghouti, du parti El Moustakbal, affirme que les mesures proposées par le gouvernement ne sont pas de nature à dépasser la crise économique notamment du fait que l’économie de rente soit toujours prépondérante.

Du côté du MSP, Nacer Hamdadouche, a fortement dénoncé ce qu’il considère comme une absence de transparence dans la gestion des finances publiques et a réclamé en même temps une redynamisation de la Bourse d’Alger.

Les partisans du « oui »

Le FLN, par le biais du président du groupe parlementaire, Saïd Lakhdari, conditionne la croissance  économique par la stabilité politique et le développement social.

Belabès Belabès du RND et Karima Athmane de TAJ ont trouvé opportun de maintenir un fort programme de transferts sociaux car c’est un engagement constant de l’Etat. Le RND considère que le gouvernement a accordé une place importante au secteur privé et aux jeunes afin de participer à l’investissement.

Karima Athmane de TAJ trouve opportun de maintenir un fort programme de transferts sociaux ce qui réduit tout risque de troubles et constate en même temps une amélioration du niveau des prix du pétrole, capable de faire face aux dépenses diverses de l’Etat. 

Du côté des partis favorables à la loi, figure aussi le MPA dont le président du groupe parlementaire, Cheikh Barbara, a axé son intervention sur les perspectives de l’économie de l’Algérie qui devraient, selon lui, s’améliorer si le prix du pétrole venait à augmenter.

Pour autant, il n’a pas négligé l’apport du tourisme, de l’industrie, de l’habitat, des travaux publics, du foncier et de l’agriculture ou encore de l’investissement étranger en Algérie et la réduction du poids de l’économie informelle.

Lamine Osmani, des Indépendants, trouve que la politique sociale du gouvernement dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’habitat est maintenue conformément aux principes régissant l’Etat.

La loi de finances sera soumise au vote après les élections locales, soit le 26 de ce mois ce qui est dénoncé par certains partis comme le FFS et le MSP.

 

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