Pourquoi l’Algérie n’arrive pas à transformer son épargne en croissance

Façade de la Banque d’Algérie à Alger.
La Banque d'Algérie maintient une politique de faible endettement externe depuis les années 2000.

L’Algérie dispose d’une épargne abondante, estimée à près de 5 000 milliards de dinars entre les banques et Algérie Poste. Pourtant, cette masse peine à se transformer en investissement productif, ce qui explique en partie le ralentissement économique annoncé pour 2025.

Car ni la finance islamique, trop concentrée sur l’immobilier et la consommation, ni l’épargne classique, accumulée dans les CCP postaux ou dans les dépôts bancaires, ne parviennent aujourd’hui à soutenir la croissance. Les deux circuits coexistent, mais aucun ne réussit à orienter durablement les ressources financières vers les secteurs productifs.

Dans le détail, les dépôts bancaires dépassent 3 600 milliards de dinars, auxquels s’ajoutent les 1 348 milliards détenus par Algérie Poste. Pourtant, malgré cette masse financière, les prévisions officielles annoncent un ralentissement de la croissance, de 4,8 % en 2024 à 3,3 % en 2025. Autrement dit, l’épargne existe, mais elle reste largement stérilisée.

Une première explication réside dans la faible bancarisation. Seuls 44 % des adultes disposent d’un compte bancaire, un taux bien inférieur à ceux observés en Tunisie ou au Maroc. Une part importante de l’épargne échappe donc aux circuits formels, alimentant le cash et l’informel. Même dans les banques, les dépôts se limitent à des placements à rendement quasi nul, incapables de stimuler l’investissement privé.

Lorsqu’elle est mobilisée, l’épargne se dirige rarement vers les secteurs porteurs. L’économie demeure centrée sur la construction et les services non marchands, tirés par la dépense publique mais faiblement productifs. L’industrie, pourtant indispensable à une diversification, reste marginale et sous-financée.

La contrainte budgétaire comme verrou supplémentaire

À cette allocation inefficace s’ajoute la pression des finances publiques. Avec un déficit attendu à 14,5 % du PIB en 2025 et une dette qui pourrait dépasser 55 % en 2026, l’État absorbe une large part des ressources disponibles. Le financement du déficit public se fait ainsi au détriment de l’investissement privé, réduisant encore la capacité du système financier à jouer son rôle d’intermédiation.

Ce système souffre par ailleurs d’un manque d’innovation et d’une offre réduite de produits. La finance islamique progresse, mais reste marginale et reproduit les travers du modèle classique : priorité au logement et à la consommation, peu de place pour les PME, l’agriculture ou l’industrie hors hydrocarbures.

Le problème n’est donc pas un déficit de liquidités, mais une incapacité à transformer l’épargne en capital productif. Tant que les ressources resteront immobilisées dans des comptes peu rémunérateurs ou captées par le Trésor, elles ne pourront jouer leur rôle de levier de croissance. L’enjeu central n’est pas de constater l’abondance des dépôts, mais de créer les mécanismes capables d’orienter cette épargne vers une économie réellement productive.

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