Les échanges commerciaux entre l’Espagne et l’Algérie connaissent un rebond spectaculaire, avec une hausse de 141 % des exportations espagnoles en 2024 puis de 190 % en 2025, un rythme qui ramène les flux à des niveaux proches d’avant la crise diplomatique de 2022. Un « moment extraordinaire » du commerce bilatéral que le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a mis en avant samedi à Madrid lors de sa rencontre avec son homologue algérien Ahmed Attaf, soulignant la vigueur retrouvée des entreprises des deux pays sur fond de normalisation progressive.
Albares a salué la reprise des échanges et la solidité du partenariat énergétique, rappelant que l’Algérie demeure le premier fournisseur de gaz de l’Espagne et un partenaire qu’il a qualifié de stratégique, fiable et constant. Cette insistance sur la dimension économique intervient alors que Madrid et Alger cherchent à stabiliser une relation encore marquée par la suspension du traité d’amitié, conséquence du revirement espagnol sur le Sahara occidental en 2022. Malgré cette prudence politique, les deux capitales semblent déterminées à consolider la dynamique commerciale qui s’est imposée comme le principal moteur du rapprochement.
Une dynamique économique qui entraine le politique
Les discussions entre les deux ministres ont porté sur l’ensemble des volets de coopération, notamment l’énergie, le commerce, l’investissement, le transport ainsi que les dossiers judiciaire et consulaire. Les responsables ont également travaillé à la préparation de la prochaine visite d’Albares à Alger, étape clé en vue de relancer la VIIIe Réunion de Haut Niveau, un mécanisme institutionnel gelé depuis plusieurs années et dont la réactivation constituerait un signal politique important.
Si la relation politique avance avec mesure, la dynamique économique progresse à un rythme nettement plus soutenu. Le retour massif des entreprises espagnoles sur le marché algérien, la remontée rapide des flux commerciaux et la volonté partagée de sécuriser les intérêts énergétiques et industriels témoignent d’un pragmatisme assumé de part et d’autre. Les deux ministres ont enfin abordé les enjeux régionaux, notamment la situation au Sahel et les défis de la zone euro‑méditerranéenne, confirmant que le dialogue politique se poursuit, même si c’est l’économie qui imprime aujourd’hui la cadence du rapprochement.
Pour rappel, Ahmed Attaf, doit participer aujourd’hui à des discussions sur le Sahara occidental au niveau de l’ambassade des États-Unis à Madrid.
















