Les prix des cigarettes et du tabac en Algérie ont connu une hausse soudaine et rapide en l’espace de quelques jours, prenant les consommateurs au dépourvu et provoquant colère et mécontentement, alors qu’aucune annonce officielle ni explication claire n’a été fournie par les autorités compétentes sur les raisons de ces augmentations.
Le prix d’un paquet de cigarettes « Marlboro » a enregistré une progression spectaculaire, passant de 430 à 440 dinars chez certains détaillants la semaine dernière à 500 puis 520 dinars en une seule journée, selon des observations de consommateurs et de commerçants.
Le paquet de cigarettes « RYM » a également connu une nouvelle hausse, passant de 270 à 290 dinars, tandis que le prix du paquet « LD », le plus populaire sur le marché algérien, est passé de 260 à 290 dinars, reflétant un rythme d’augmentation accéléré et discontinu des prix.
Ces hausses interviennent alors que la loi de finances n’a prévu aucune modification annoncée concernant l’augmentation des taxes ou droits sur le tabac, ce qui soulève des questions sur le rôle de la spéculation, des perturbations dans la distribution ou de décisions internes non communiquées dans la chaîne de commercialisation.
Le débat s’intensifie d’autant plus que ces augmentations coïncident avec une hausse non annoncée du prix des carburants, élargissant la fronde populaire et ravivant les interrogations sur le manque de transparence dans la tarification des produits sensibles et son impact direct sur le pouvoir d’achat.
Les Algériens, parmi les plus gros consommateurs de tabac
En 2023, l’Algérie occupait le sixième rang arabe en termes de consommation de tabac, avec des dépenses annuelles estimées à 2,15 milliards de dollars, selon les prévisions de Fitch Solutions. Parallèlement, les estimations de la Banque d’Algérie indiquent que les recettes fiscales provenant des droits sur le secteur du tabac ont atteint environ 100 milliards de dinars (743 millions de dollars) la même année, contre 92,7 milliards de dinars en 2022.
Le consommateur algérien moyen consomme environ 15,3 cigarettes par jour, selon une étude menée en 2017 par l’Agence nationale des assurances sociales pour les travailleurs salariés, ce qui confirme la position de l’Algérie comme l’un des marchés du tabac les plus importants de la région.
En 2021, les recettes fiscales liées au droit sur la consommation intérieure de tabac ont atteint environ 104,6 milliards de dinars. Sur le plan mondial, l’Algérie se classait 60ᵉ en termes de consommation de tabac selon un rapport américain publié en juin 2025, avec un taux de consommation de 21,4 % de la population adulte, contre 19 % en Tunisie. La Mauritanie enregistrait le taux arabe le plus bas, à 8,3 %.
L’Algérie figure parmi les pays arabes où la consommation de tabac connaît une augmentation notable, bien que l’Arabie Saoudite, l’Égypte et la Jordanie dominent les dépenses, avec des montants annuels moyens de 9,7 milliards de dollars en Égypte, 2,5 milliards de dollars en Arabie Saoudite et 1,3 milliard de dollars en Jordanie.