L’information est tombée hier dans les médias français spécialisés : l’Algérie réapparaîtrait dans les « line-up » des exportations de céréales françaises pour février. Selon FranceAgriMer, un bateau de « 5 000 tonnes de blé tendre » et un autre de « 13 000 tonnes d’orge » seraient inscrits aux programmes de chargement provisoires.
Mais est-ce vraiment acté ? « 5 000 t pour le blé, c’est marginal, et il faudra attendre les données des douanes pour voir si ces achats se confirment », prévient « Habasse Diagouraga », chargé d’études économiques chez FranceAgriMer, lors du point presse du 11 février.
Ce volume qualifié de « discret » ou de « timide » pose la question centrale : s’agit-il d’un vrai retour, ou d’un simple effet d’annonce ? Tant que cette cargaison n’a pas accosté dans un port algérien, tout reste au conditionnel. Pour une France en quête de débouchés, ce « signal » pourrait être crucial, dans un marché mondial où la concurrence argentine et nord-américaine pèse lourd.
Retour sur une rupture historique
Depuis « juillet 2024 », date du dernier achat significatif de « 31 500 tonnes » de blé tendre, l’Algérie avait fermé ses portes au fournisseur historique. Dix-neuf mois de silence total, inédits dans les annales du commerce bilatéral. Les raisons ? Des « tensions diplomatiques » exacerbées, notamment après la reconnaissance par Paris de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, selon les analyses relayées.
L’Algérie s’était alors tournée vers l’Argentine, premier exportateur de « blé fourrager », laissant la France accumuler des stocks records estimés à « 4 millions de tonnes » fin 2025-2026. Ce retour à la « normale » pourrait s’expliquer, selon les médias français, par des contraintes de « qualité »: « L’Argentine semble rencontrer des difficultés sur le blé panifiable », forçant Alger à renouer avec son « client habituel » pour le pain quotidien. Est-ce le besoin technique qui l’emporte sur les crispations politiques ?
Fin d’une crise diplomatique : l’effet « Ségolène Royal » ?
Ce « soubresaut » commercial arrive dans un contexte géoéconomique tendu. Les exportations françaises de blé tendre hors UE chutent à « 7,2 millions de tonnes » pour 2025/26, contre « 7,5 Mt » anticipé, sous la pression concurrentielle.
L’Algérie, ex-premier client avec jusqu’à « 5 millions de tonnes par an », pèse lourd dans la balance. Mais au-delà des grains, c’est la normalisation bilatérale qui est en jeu. Depuis la visite de « Ségolène Royal » en Algérie, observateurs et analystes s’interrogent : ces 5 000 tonnes marquent-elles un « nouveau retour à la normale » après des mois de rupture ?
Serait-ce le début d’une reprise durable, ou une opération ponctuelle liée à une « carence argentine » ? Les prochaines rotations maritimes, et peut-être un dégel diplomatique plus large, donneront la réponse. Pour l’heure, le blé français attend son verdict douanier.
















