L’institut d’émission poursuit la détente amorcée à l’été 2025 en abaissant une nouvelle fois les réserves obligatoires et le taux directeur.
La Banque d’Algérie accentue son assouplissement monétaire. Deux instructions signées le 7 janvier par le gouverneur par intérim, Moutassem Boudiaf, allègent simultanément le coefficient des réserves obligatoires et le taux directeur.
Le taux des réserves obligatoires est ramené de 2 % à 1 % de l’assiette des dépôts, à compter du 15 janvier – son plus bas niveau historique. Le taux d’intérêt appliqué aux opérations principales de refinancement passe quant à lui de 2,75 % à 2,50 %, avec effet immédiat. En l’espace de cinq mois, les réserves obligatoires auront été divisées par trois, passant de 3 % à 1 %, tandis que le loyer de l’argent aura été réduit d’un demi-point.
Un instrument longtemps resté intouché
Ce nouveau geste prolonge le mouvement initié fin août 2025, lorsque le Conseil monétaire et bancaire avait décidé de ramener les réserves obligatoires de 3 % à 2 % et le taux directeur de 3 % à 2,75 %. Avant cette date, le texte régissant les réserves obligatoires n’avait pas été modifié depuis mai 2004, le plus de vingt ans de statu quo.
À l’époque, la Banque d’Algérie justifiait cette inflexion par le reflux de l’inflation – tombée à 3,14 % en moyenne annuelle contre plus de 6 % un an auparavant – et par la solidité de la croissance hors hydrocarbures, qui avait atteint 5,7 % au premier trimestre 2025.
En abaissant le coefficient des réserves obligatoires à son plus bas niveau historique, l’institut d’émission libère mécaniquement des liquidités supplémentaires dans le système bancaire. Un système qui reste dominé par les établissements publics. En 2024, le crédit bancaire au secteur privé représentait 19,43 % du PIB, contre 45,66 % pour les concours accordés au gouvernement et aux entreprises publiques.

















