Le marché des fruits et légumes en Algérie connaît une tension particulière ces derniers jours. La fraise, fruit très prisé en cette période, affiche des tarifs qui donnent le tournis aux ménages. Dans les marchés de gros, le kilogramme se négocie désormais entre 500 et 600 dinars. Cette hausse se répercute violemment sur le commerce de détail, où les prix dépassent largement ce seuil. Désormais, ce fruit rouge est devenu un produit de luxe, totalement inabordable pour les petites et moyennes bourses.
Une flambée des prix dictée par trois facteurs majeurs
Cette envolée tarifaire inédite repose sur une combinaison de facteurs économiques et climatiques. Premièrement, la raison est d’ordre conjoncturel. Le mois de Ramadhan provoque traditionnellement une flambée des prix des produits frais sur le marché national. La fraise, ingrédient phare pour les desserts et les jus du f’tour, ne fait pas exception à cette règle de l’offre et de la demande. L’engouement des consommateurs durant ce mois sacré exerce une pression constante sur les stocks disponibles, tirant les prix vers le haut.
Deuxièmement, les conditions météorologiques extrêmes ont lourdement pesé sur la production nationale. Le Nord de l’Algérie, particulièrement les régions du Centre et de l’Ouest, a subi des intempéries d’une rare intensité entre le 1er janvier et le 15 février. Ces vagues de mauvais temps ont causé des dégâts matériels considérables aux exploitations agricoles. Les cultures sous serres ont été les plus touchées, notamment dans les wilayas de Tipaza et de Aïn Defla. Ces destructions massives ont réduit drastiquement les rendements de début de saison, créant une pénurie immédiate sur les étals.
Enfin, une question de calendrier explique cette offre limitée. Les grandes récoltes de l’Est algérien, provenant des wilayas de Jijel et de Skikda, ne sont pas encore arrivées à maturité. Ces régions, véritables poumons de la production de fraise en Algérie, n’ont pas encore commencé à approvisionner massivement le marché. En l’absence de cette production majeure, l’offre actuelle reste insuffisante pour satisfaire les besoins des consommateurs, ce qui maintient les cours à un niveau historiquement élevé. Une détente des prix n’est espérée qu’avec l’arrivée prochaine des récoltes de l’Est.
















