Le mouvement de grève entamé samedi paralyse le transport de voyageurs sur l’ensemble du territoire. Une réunion décisive est prévue mardi au ministère des Transports.
La fronde des transporteurs privés gagne en intensité. Ce lundi, le mouvement de débrayage entame sa troisième journée consécutive, plongeant le secteur du transport de voyageurs dans une paralysie quasi totale sur l’ensemble du territoire national. Entre gares désertes et usagers désemparés, la crise semble s’installer durablement.
La journée de lundi a marqué un durcissement spectaculaire du mouvement. Dès l’aube, la quasi-totalité des bus relevant du secteur privé n’ont pas bougé des parcs. Les gares routières et les arrêts de bus n’ont pas connu la dynamique matinale habituelle. Les quais, d’ordinaire bondés, offraient un visage inhabituel de vide et de silence.
À l’exception des bus appartenant aux entreprises publiques de transport de voyageurs et de quelques rares opérateurs privés n’ayant pas adhéré au mouvement, le service a été fortement perturbé. Le mot d’ordre de grève a été massivement suivi, particulièrement dans les grandes wilayas comme Alger, Sétif, Constantine, Béjaïa et Tizi Ouzou.
Pour les voyageurs, la matinée a viré au cauchemar. Dans de nombreuses localités, des centaines de personnes ont attendu durant plusieurs heures sous un froid mordant. Faute de moyens de locomotion, la plupart des citoyens ont fini par rebrousser chemin pour retourner chez eux. Ce constat d’échec a eu des conséquences immédiates : un taux d’absentéisme record a été enregistré dans les administrations, les entreprises, ainsi que sur les bancs des écoles et des universités.
Des revendications jugées non négociables
Les grévistes campent sur leurs positions. Ils exigent des réponses claires et définitives à une plateforme de revendications précise. En tête de liste figure le retrait pur et simple du projet d’amendement du code de la route, jugé trop répressif par les professionnels. Les transporteurs réclament également une hausse des tarifs, inchangés depuis des années malgré l’inflation, ainsi qu’une meilleure disponibilité des pièces de rechange sur le marché national.
Jusqu’à présent, les annonces faites par les autorités et certains responsables syndicaux ne convainquent pas la base. Les protestataires dénoncent des promesses vagues et exigent des engagements écrits et concrets.
L’issue de cette crise pourrait se jouer dans les prochaines heures. Une réunion de travail décisive aura lieu demain, mardi, au siège du ministère des Transports. Cette rencontre vise à étudier point par point les revendications soulevées par les grévistes. Selon des sources proches du dossier, cette réunion devrait déboucher sur des décisions majeures. En attendant, le pays retient son souffle ,et ses bus.
















