Le secteur privé algérien hausse le ton. Les importateurs de viandes demandent la fin du monopole public sur l’importation du bétail vif, notamment celui exonéré de taxes pour l’abattage et la vente en prévision de l’Aïd El Kebir. Ils réclament également une révision de la taxe appliquée au bétail destiné à l’abattage à l’engraissement, dont le taux atteint actuellement 46 %.
L’exclusivité accordée aux opérateurs publics ne passe pas auprès des professionnels privés. Ces derniers regrettent une mise à l’écart d’un segment stratégique du marché des viandes. Ils estiment que cette décision réduit la concurrence et limite l’efficacité des opérations d’importation.
Le président de la Fédération nationale des importateurs de viande, M. Bahbou Sofiane, a exprimé cette position mardi sur les ondes de la Chaîne 2 de la Radio nationale. Il a revendiqué l’association des opérateurs privés aux opérations d’importation du bétail vif.
« Nous avons remarqué des insuffisances dans l’opération d’importation d’un million de têtes d’ovin l’année dernière. Nous pouvons contribuer à l’amélioration de ces opérations », a-t-il affirmé.
Il insiste également sur la nécessité d’impliquer le secteur privé dans la stratégie nationale. « Si on veut aller de l’avant dans le renforcement de la production nationale des viandes rouges, on doit associer le privé », a-t-il déclaré.
Selon lui, les opérateurs privés disposent des capacités logistiques et financières nécessaires pour soutenir le marché des viandes. Il va plus loin en évoquant un objectif à moyen terme. « Avec une bonne stratégie, nous pouvons redevenir exportateurs d’ovin dans trois à cinq ans », soutient-il.
Dans le même temps, il plaide pour une révision de la fiscalité. La taxe de 46 % appliquée au bétail destiné à l’engraissement pèse lourdement sur les coûts, selon lui. Une baisse de ce taux permettrait, d’après les importateurs, de réduire les prix des viandes sur le marché national.
Le contexte de consommation renforce cette demande
L’Algérie consomme en moyenne 30 000 tonnes de viandes par mois. Toutefois, ce volume double durant le mois de Ramadhan pour atteindre environ 60 000 tonnes. Or, la production nationale reste insuffisante pour couvrir ces besoins. Les autorités publiques recourent donc à l’importation pour stabiliser l’offre.
Les importateurs privés soulignent une incohérence. Ils peuvent importer des viandes congelées ou réfrigérées, mais ils restent exclus de l’importation de bétail vif détaxé. Cette situation alimente leur frustration et ravive le débat sur l’organisation du marché des viandes en Algérie.
À l’approche de l’Aïd El Kebir, la question du partage des rôles entre public et privé, ainsi que celle de la fiscalité appliquée au bétail destiné à l’abattage et à l’engraissement, s’imposent comme des enjeux majeurs pour l’équilibre du marché des viandes.
















