Algérie : le procès de l’Autoroute Est-Ouest capote pour un visa non encore délivré

Algérie : le procès de l’Autoroute Est-Ouest capote pour un visa non encore délivré

 

Le procès attendu de l’affaire de l’autoroute est-ouest est reporté à une session ultérieure. Parce que l’avocat de l’accusé principal n’a pas eu un visa à temps pour entrer sur le territoire algérien. Une raison qui en dit long sur le fonctionnement de la justice mais pose surtout la question de savoir s’il y a une volonté politique ou non de tenir ce procès tant attendu par l’opinion publique.   

 

 

Chani Medjoub est l’accusé principal dans l’affaire de l’autoroute Est-ouest. Il entame sa sixième année en détention préventive. Mais son avocat, Me William Bourdon du barreau de Paris,  n’est pas venu le plaider aujourd’hui à l’ouverture du procès. Faute de visa. Me Bourdon n’a pas pu l’avoir à temps pour pouvoir entrer sur le territoire algérien. Stratégie de report, dysfonctionnement de la justice qui n’a pas convoqué Me William Bourdon dans des délais raisonnables ou interférence politique pour que ce procès tant attendu par l’opinion publique ne se tienne pas dans le contexte actuel ? Autant d’interrogations qui laissent l’observateur perplexe. Manquer le procès faute de visa est une raison à la limite du concevable. Chani Medjoub qui a refusé qu’on lui désigne un avocat d’office –« J’ai besoin de mon avocat et je ne suis pas un pauvre », a-t-il souligné au juge Tayeb Hellali –, a néanmoins bénéficié du soutien des Me Khaled Bourayou et Miloud Brahimi, constitués pour la défense de l’ancien secrétaire général du ministère des travaux publics Mohamed Bouchema,  qui ont appuyé sa demande de report, en plaidant l’équité du procès. « Je demande le report afin d’assurer au prévenu Chani Medjoub un procès équitable car, les normes de l’équité exigent la présence de son avocat », a estimé Me Bourayou. « Le prévenu Chani Medjoub tient à son avocat parce qu’il ne fait pas confiance aux avocats algériens et donc à la justice algérienne. Que cela soit une raison pour la justice algérienne de le faire bénéficier d’un procès équitable », a renchérit Me Brahimi. Ce ne sont en tout cas pas les seuls avocats qui ont demandé le report du procès. Puisqu’avant eux, l’avocat du groupe canadien SMI l’avait fait pour une autre raison. Cet avocat du barreau de Constantine a précisé au juge qu’il a n’a reçu la convocation qu’avant-hier (23 mars, Ndlr) et qu’il a dû faire des gymnastiques pour pouvoir arriver sur Alger…10 minutes avant l’ouverture du procès. « Je n’ai pas eu le temps de me préparer monsieur le juge et c’est pourquoi je vous sollicite de reporter le procès à une date ultérieure », a-t-il déclaré.

 

Le trésor public encore une fois contesté comme partie civile

 

Il convient de noter, par contre, que le juge Hellali a rejeté les demandes d’annulation pour vices de forme introduites par l’avocat de l’homme d’affaires Sid Ahmed Tadjeddine Addou, ceux des deux frères cambistes Bouzenacha et de la société espagnole Isolux Corsan qui a réalisé le projet du tramway d’Oran.  Le juge a estimé que les poursuites ont respecté les codes de procédures. Il convient également de signaler que tous les avocats de la défense ont contesté la constitution du Trésor public comme partie civile comme ils l’ont fait ceux constitués dans l’affaire dite « Sonatrach I » dont le procès a été ouvert le 14 mars dernier et reporté à une session ultérieure après une bataille procédurière qui a duré toute la journée. Certains ont argué que la constitution du Trésor public comme partie civile n’a pas lieu d’être dans l’audience pénale et qu’il faudrait attendre que le tribunal criminel statue sur les faits et l’ouverture de l’audience civile pour l’accepter, d’autres ont dénoncé le fait que cette constitution soit faite sur demande du parquet ou, partant du principe qu’il ne peut y avoir deux dédommagements à cause d’un seul préjudice, que l’Agence nationale des autoroutes suffit comme partie civile. « La présence du représentant du trésor public dans l’audience pénale est une honte, c’est scandaleux ! », a asséné Me Brahimi. Le ministère public par le biais de son représentant au procès a démenti l’implication du parquet dans cette demande du Trésor public. Le représentant mandaté par le Trésor public a mis l’accent sur la contribution de l’État dans le financement du projet. Mais, Tayeb Hellali a finalement décidé qu’il était prématuré à ce stade du procès pour qu’il se constitue partie civile.       

 

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