La grève des transporteurs de marchandises, entamée jeudi dernier, commence à peser lourdement sur le quotidien des Algériens. Ce débrayage paralyse les circuits de distribution et provoque déjà des répercussions alarmantes sur la disponibilité et les prix des produits de large consommation.
Le premier segment touché par cette grève est sans surprise celui des fruits et légumes. Actuellement, les marchés de gros du nord du pays tournent au ralenti et commencent à ressentir les effets directs de l’arrêt de travail des camionneurs. En raison de ce blocage, les étals se vident progressivement. Par conséquent, une hausse mécanique des prix s’installe dans la plupart des points de vente.
Cette situation critique paralyse également les deux poumons économiques de la Mitidja. En effet, les marchés de gros de Boufarik et de Bougara, dans la wilaya de Blida, sont quasiment à l’arrêt. Comme ces sites alimentent prioritairement la capitale Alger et toute la région du Centre, leur blocage accentue la pression sur l’offre nationale. Les flux de camions en provenance des zones de production sont devenus rarissimes, asséchant ainsi les principales plateformes de distribution du pays.
À l’est de la wilaya de Bouira, le constat est frappant. Les fruits et légumes se font de plus en plus rares dans les marchés de proximité. Ce début de pénurie s’accompagne d’une flambée brutale des cours. Un marchand de légumes installé au bord de la route, dans la région de Bechloul, confirme la gravité de la situation. Ce dernier présente beaucoup moins de produits que d’habitude à ses clients.
« Je n’ai plus grand-chose à vendre aujourd’hui. Je suis en train d’épuiser mes stocks de réserve. Le marché de gros de la wilaya de Bouira est presque vide. La plupart des camionneurs qui ramènent habituellement les produits, notamment du Sud du pays, sont en grève », affirme-t-il avec inquiétude.
Une flambée des prix sans précédent
Sans l’intervention des transporteurs, les marchés de gros ne peuvent plus fonctionner normalement. Cette rupture de la chaîne logistique impacte directement le portefeuille des ménages. À titre d’exemple, le prix de la pomme de terre est passé de 70 DA le kilogramme avant le 31 décembre à 95 DA ce lundi 5 janvier. De même, la tomate a enregistré une hausse de 40 dinars sur la même période. Cette fièvre inflationniste n’épargne pas non plus les fruits de saison.
La situation est identique dans la wilaya de Béjaïa. Là-bas, les marchés de gros reçoivent un approvisionnement « au compte-gouttes ». Les observateurs craignent que la persistance de ce débrayage n’épuise totalement les stocks restants, provoquant ainsi un mouvement de panique généralisée.
Des grévistes déterminés
Les camionneurs contestent fermement le projet d’amendement du Code de la route. De plus, ils dénoncent la hausse récente des prix des carburants qui réduit leurs marges bénéficiaires. Pour le moment, les grévistes ne sont pas prêts à reprendre le travail avant d’obtenir gain de cause. Cette détermination inquiète non seulement les pères de famille, mais aussi les autorités. Ces dernières redoutent que cette crise logistique ne se transforme en troubles sociaux en ce début d’année 2026.

















