Le secteur avicole algérien traverse une zone de turbulences sans précédent. Face à cette menace, les autorités ont décidé de réagir avec fermeté pour éviter un effondrement total de la production. Lundi dernier, une étape décisive a été franchie avec la signature d’une convention-cadre stratégique. Ce document vise à protéger le poulet local et à stabiliser les revenus des éleveurs.
À travers l’Office national de l’alimentation du bétail et de l’élevage avicole (ONAB), les pouvoirs publics lancent une feuille de route ambitieuse. Ce plan d’action cherche d’abord à rétablir l’équilibre économique chez les aviculteurs. En effet, la situation est critique depuis de longs mois sur l’ensemble du territoire national.
Sur les marchés de gros, le poulet vivant s’échange actuellement à des prix dérisoires, oscillant entre 220 et 240 dinars le kilogramme. Cependant, la réalité comptable des fermes est tout autre. Le coût réel de revient se situe plutôt entre 260 et 275 dinars par kilo. Par conséquent, les éleveurs travaillent à perte et accumulent des dettes massives. Beaucoup de petits producteurs se retrouvent aujourd’hui au bord de la faillite technique.
Un prix d’achat garanti pour le poulet vivant
Afin de briser ce cycle infernal, l’ONAB a formalisé un accord avec la Fédération nationale des éleveurs de volailles. Cette signature s’est déroulée sous l’égide du ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche. Le Groupe des industries alimentaires et logistiques (AGROLOG) participe également à cet effort de régulation.
Désormais, la mesure phare consiste à fixer un prix d’achat garanti. L’ONAB s’engage à racheter le poulet vivant au tarif de 280 dinars le kilogramme. Grâce à ce prix plancher, les producteurs peuvent enfin couvrir leurs charges d’exploitation. De plus, cela permet de dégager une petite marge bénéficiaire indispensable à la survie des exploitations. Par cette décision, l’État admet que les tarifs pratiqués jusqu’ici ne correspondaient plus à la réalité économique de la filière en Algérie.
Des mesures concrètes sur les intrants
En plus de la garantie des prix, la convention s’attaque au coût de la production. Pour réduire la pression financière, l’État propose plusieurs solutions logistiques :
- La vente de poussins d’un jour : Ils seront cédés au prix subventionné de 80 dinars l’unité.
- L’alimentation animale : Les unités de l’ONAB fourniront des aliments à des tarifs préférentiels et étudiés.
- L’accès aux matières premières : Les éleveurs autonomes recevront plus facilement du maïs et du tourteau de soja pour leurs propres moulins.
Grâce à ces leviers, les autorités espèrent sécuriser l’offre de poulet sur le long terme. L’enjeu est également social, car il s’agit d’éviter toute pénurie ou flambée des prix avant l’arrivée du mois de Ramadan, période de forte consommation.
Une régulation nécessaire pour l’avenir
Toutefois, certains observateurs estiment que cette intervention est tardive et que le mécanisme met en place ne concerne que les aviculteurs agrées. Les aviculteurs informels qui représente plus de 50% de la filiale sont exclus de la convention. Les signaux d’alerte clignotaient depuis longtemps et de nombreux éleveurs ont déjà jeté l’éponge. Néanmoins, cette décision reste décisive pour stopper l’hémorragie actuelle.
À court terme, la convention devrait stabiliser durablement le marché du poulet. Néanmoins, une question fondamentale subsiste.

















