Le secteur de la mécanique agricole en Algérie atteint un palier de maturité inédit. Selon les données récentes du ministère de l’Industrie, la filière est entrée dans une phase de surproduction structurelle. Grâce à un écosystème industriel renforcé, l’offre nationale surpasse désormais largement la demande domestique, garantissant une autonomie totale en équipements lourds.
Les indicateurs de performance, détaillés dans une réponse officielle au député de Médéa Djedou Rabah, confirment une croissance soutenue. Actuellement, la production consolidée atteint environ 10 000 tracteurs par an. À l’inverse, les besoins du marché intérieur sont évalués dans une fourchette de 5 000 à 7 000 unités.
Ce différentiel génère un excédent de production dépassant les 40 %. L’industrie propose une gamme technique étendue, avec des motorisations allant de 26 à 240 chevaux. Cette diversité permet de couvrir l’ensemble des segments, de l’agriculture de montagne aux grandes exploitations du Sud.
Un appareil productif reposant sur six unités
La résilience de la filière repose sur un maillage industriel mixte composé de six unités de production. Cette configuration équilibre les forces en présence :
- Le pôle public : Deux unités emblématiques basées à Constantine et Sidi Bel Abbès.
- Le pôle privé : Quatre sites de montage, notamment implantés à Batna et Tizi Ouzou.
L’analyse des capacités théoriques révèle un potentiel encore sous-exploité. Le ministre a précisé que l’outil industriel national peut techniquement assembler jusqu’à 22 000 tracteurs par an. Ce gisement de productivité constitue un levier majeur pour une future expansion vers les marchés internationaux.
Souveraineté industrielle et sécurité alimentaire
Au-delà du montage des tracteurs, l’Algérie développe une panoplie complète de machines agricoles. Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie de substitution aux importations visant à protéger les réserves de change. Sur le plan macroéconomique, cette mécanisation intensive est perçue comme le socle indispensable à la sécurité alimentaire du pays.
En définitive, l’industrie est devenue un véritable moteur de croissance autonome. Pour les opérateurs, le défi immédiat consiste à transformer cet excédent de production en opportunités d’exportation, notamment vers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), afin de maximiser la rentabilité des investissements engagés.
















