Depuis le 1er janvier, les entreprises algériennes dont le chiffre d’affaires annuel atteint ou dépasse 2 milliards de dinars doivent consacrer au minimum 1% de leur bénéfice imposable à la recherche, au développement ou à l’innovation. La mesure, inscrite dans la loi de finances 2026, s’applique à tous les secteurs sans distinction.
C’est une obligation, pas une incitation. Contrairement aux dispositifs fiscaux classiques qui récompensent les investissements volontaires en recherche et développement par des avantages fiscaux, la loi impose désormais un plancher minimum. Toutes les entreprises de droit algérien dépassant le seuil des 2 milliards de dinars sont concernées, quel que soit leur secteur d’activité.
Le calcul se fait sur le bénéfice imposable, non sur le chiffre d’affaires. Une nuance importante qui change considérablement la donne pour les entreprises à faibles marges. Les activités éligibles comprennent deux volets, à savoir les programmes de recherche et développement menés en interne, et les partenariats d’innovation ouverte avec des start-ups ou des incubateurs labellisés.
Un changement de paradigme
Cette disposition traduit une évolution de la stratégie économique algérienne. L’État ne se contente plus d’encourager l’innovation, il l’impose. “La mesure vise à relancer la compétitivité économique des entreprises algériennes”, indique le document de la Direction générale des impôts présentant les grandes lignes de la loi de finances.
Par ailleurs, la possibilité de satisfaire à l’obligation via des programmes d’innovation ouverte avec des start-ups labellisées constitue une ouverture intéressante. Elle permet aux grands groupes de déléguer une partie de leurs efforts d’innovation à l’écosystème entrepreneurial, tout en respectant la loi. Une manière aussi de créer des ponts entre grandes entreprises et jeunes pousses, dans un pays où ces deux mondes se côtoient peu.
















