Algérie – Ouyahia IV, une « réforme » sans contenu et un statuquo persistant (Analyse)

Algérie – Ouyahia IV, une « réforme » sans contenu et un statuquo persistant (Analyse)

 

 Le mot  « réforme  » semble devenu un sésame que tout responsable en mal de popularité ou de vision utilise pour s’attirer les sympathies du « peuple « . Toutefois, ceux qui essaient de lui donner un contenu sont une infime minorité.  Ahmed Ouyahia n’en fait visiblement pas partie.

 

La crise est celle du régime rentier

Dans son discours du 20 aout dernier, le Président de la République a relevé que  « les réserves de change s’érodent  » et que « la balance des paiements se dégrade  » sans parler de la genèse de cette situation qui remonte en vérité à une crise structurelle « du régime rentier « .

Ainsi, sans trop de surprises, il recommande, pour y parer,  de « mettre en œuvres les réformes économiques nécessaires  » sans aucune précision sur les secteurs à toucher, les objectifs et l’agenda. 

Des « reformes nécessaires  » que le Gouvernement Ouyahia est appelé à engager, il n’en a donné qu’une vague idée: réhabilitation de la valeur du travail et  amélioration de l’environnement de l’activité économique.

Les imprécisions qui entachent ce discours, pour politiques qu’elles soient, cachent néanmoins une évidence que Ahmed Ouyahia n’est pas du tout censé ignorer : il ne faut pas aller au fond des choses et se contenter de mener des réformes conjoncturelle pour rééquilibrer la balance budgétaire de l’Etat.  Or, relèvent plusieurs observateurs, la crise en Algérie est structurelle et elle a un nom : c’est la crise du régime rentier.

 « Les possibilités de transition institutionnelle à même de permettre de dépasser le fondement rentier du régime de croissance dépendent davantage du contenu des stratégies à l’œuvre que du degré de libéralisation  » estime Samir Bellal, professeur d’économie à l’Université de Tizi-Ouzou.

 Plus schématiquement,  il s’agit de régler un certain nombre de questions cruciales : les arbitrages budgétaires, le statut de l’échange marchand, le rôle de l’Etat dans l’économie,  la mobilisation de la force de travail et le mode d’insertion de l’économie nationale dans la division internationale du travail…

 Le nécessaire nouveau contrat social

 Ahmed Ouyahia reconnait que le pays est en crise mais, en dehors des constats conjoncturels et des « calmants  » qu’il prescrit au pays de temps en temps, il n’a jamais développé une analyse globale de la situation, encore moins fait étalage de ce qu’il pense être une solution de fond. 

 L’enjeu pour lui est de restaurer les équilibres budgétaires de l’État le temps d’un passage à la tête de l’Exécutif.  Aujourd’hui, il ne s’agit plus de rééquilibrer la balances de paiement en étranglant le commerce extérieur et en adoptant une politique d’austérité, mais d’éviter un naufrage de plus en plus perceptible à l’économie algérienne en l’extirpant de l’impasse du « rentiérisme « .

 « La crise de la rente a une dimension politique-institutionnelle, parce qu’il s’agit, à travers les nécessaires arbitrages dans la répartition, de redessiner la configuration des principaux rapports sociaux, en d’autres termes, la transformation profonde et pour une période durable, des modes de régulation sociale» écrivait Djillali Liabes en 1986 dans les Cahiers du Cread. Il s’agit en somme de redéfinir un nouveau contrat social.

31ans plus tard, l’Algérie est dans la même configuration. Deux séries de réformes ont  été engagées depuis, notamment avec Mouloud Hamrouche et plus tard  avec Mokdad Sifi qui a entrepris la mise en place d’un programme d’ajustement macro-économique et de réforme structurelle avec l’appui du FMI et de la Banque Mondiale. Ces réformes ont toutes été stoppées et le système rentier, reposant sur un contrat tacite de nature clientéliste, demeure toujours intact.  

 « Dans une économie rentière comme la nôtre, l’enjeu essentiel de la quête d’un nouveau modèle économique est de favoriser la création, à l’intérieur de la collectivité nationale, d’un surplus autre que minier, et cela ne peut résulter que d’un compromis politique crédible, dont la mise en œuvre concrète dépend grandement de l’action de l’Etat.  La persistance du statu quo depuis la fin des années 90 est révélatrice de l’incapacité de l’Etat algérien à définir les contours d’un nouveau contrat social en adéquation avec les nécessités du développement économique « analyse Samir Bellal.   

 Ahmed Ouyahia, Premier ministre pour la quatrième fois, peut-il engager ce chantier ? Poser la question est déjà une réponse.

 

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