Le sel, cet ingrédient indispensable à la consommation humaine, se fait de plus en plus rare sur les étals algériens. Depuis quelques jours, les consommateurs signalent une indisponibilité croissante de ce produit de base. La situation touche particulièrement la capitale, Alger, ainsi que ses localités environnantes, où l’approvisionnement devient un véritable défi quotidien.
Une offre de sel en chute libre dans les supérettes
Dans les rayons des magasins et des supérettes, le constat est sans appel : les stocks de sel s’épuisent. Face à cette situation critique, de nombreux gérants de commerces ont instauré un système de rationnement. Ils limitent désormais la vente à un seul sachet par client. Cette mesure d’urgence vise à garantir un accès minimal au produit pour l’ensemble de la population. La crise de distribution affecte également l’amont de la chaîne logistique. À Bouira, le gestionnaire d’une supérette témoigne de la difficulté de se réapprovisionner. « Les fournisseurs ne passent plus régulièrement. Lorsqu’ils viennent, ils rationnent les quantités livrées », confie-t-il. Ce déséquilibre entre l’offre et la demande installe une tension durable sur le marché intérieur.
L’arrêt d’une unité de production à El Oued : le déclencheur
À l’origine de cette pénurie qui ne dit pas son nom, se trouve l’arrêt brutal d’une grande unité de production de sel située à El Oued. Cette usine représentait une part prépondérante du marché national. Selon plusieurs sources de la presse nationale, les autorités compétentes ont pris la décision de fermer ce site à la fin du mois de janvier. Cette mesure radicale fait suite à des contrôles rigoureux. Un laboratoire de la Gendarmerie nationale a effectué des analyses sur des échantillons prélevés sur le produit de l’usine. Les résultats ont révélé des manquements graves aux normes de production en vigueur.
Le point central du litige concerne l’ajout de l’iode dans le sel de table. Les analyses scientifiques ont démontré que le produit de cette marque était totalement dépourvu de cette matière essentielle. En Algérie, comme dans de nombreux pays, l’iodation du sel est une obligation légale. Elle permet de prévenir des carences sanitaires majeures au sein de la population. Par conséquent, les autorités ont ordonné le retrait immédiat de tous les lots déjà commercialisés. Cette décision, bien que nécessaire pour la santé publique, a provoqué un dysfonctionnement massif sur le marché.
Un vide industriel difficile à combler
Aujourd’hui, l’arrêt de cette unité de production laisse un vide immense. Les autres producteurs concurrents n’arrivent pas encore à compenser la perte de volume engendrée. La demande nationale dépasse largement les capacités de production actuelles des unités restantes.
















