Le bras de fer entre le gouvernement et les professionnels du transport connaît un tournant décisif. Après une grève nationale de plusieurs jours au début du mois, les transporteurs obtiennent un premier succès. Le Conseil de la nation a suspendu l’adoption des articles les plus sévères du projet d’amendement de Code de la route.
Les transporteurs routiers respirent enfin. Leur mobilisation massive contre un Code de la route jugé « trop répressif » a forcé le législateur à reculer. En effet, lors d’une séance plénière, le Conseil de la nation a adopté le texte mercredi dernier, mais avec une réserve majeure sur 11 articles polémiques.
Une commission paritaire pour réviser la loi
Cette décision législative marque un coup d’arrêt à l’application immédiate des sanctions les plus lourdes. Conformément aux procédures constitutionnelles, ces 11 articles feront l’objet d’une commission paritaire. Cette instance réunit des représentants des deux chambres du Parlement. Elle dispose désormais de 15 jours pour proposer une version consensuelle des dispositions contestées.
Les articles concernés (notamment les 104, 119, 121, 124, 161 et 170) cristallisent la colère des chauffeurs professionnels. Ils comportent des dispositions privatives de liberté et des amendes records. De plus, les syndicats estiment que ces mesures menacent directement la stabilité financière et la liberté d’exercice des travailleurs du secteur. L’ouverture d’un dialogue technique est donc perçue comme un signe d’apaisement nécessaire.
Entre sécurité routière et droits des transporteurs
Le ministre de l’Intérieur et des Transports, M. Saïd Sayoud, défend pourtant la nécessité de cette réforme. Selon lui, le nouveau Code de la route répond à une urgence nationale : réduire le nombre d’accidents mortels. Le ministre souligne que cette loi s’inscrit dans une stratégie globale de protection des citoyens.
Toutefois, le gouvernement a clairement entendu le signal d’alarme tiré par la rue. M. Sayoud a assuré que l’objectif reste d’instaurer un équilibre entre « prévention et dissuasion ». Il promet également une application « juste et équitable » des futures mesures. En acceptant de réviser les articles litigieux, l’État tente de désamorcer une crise sociale qui commençait à peser sur l’approvisionnement des ménages.
Ce qu’il faut retenir de la réforme
Le texte initial du Code de la route contient 179 articles au total. Si la majorité du projet est validée pour moderniser le secteur, la réécriture des 11 articles en suspens déterminera l’avenir des relations entre l’administration et les transporteurs.
Désormais, les professionnels attendent des garanties concrètes sur l’allègement des sanctions pénales. Cette étape constitue une véritable victoire politique pour les grévistes. Ils ont réussi à transformer un projet de loi jugé unilatéral en un processus de concertation parlementaire. La commission paritaire devra maintenant trancher entre la sévérité initiale et la nécessité de garantir la paix sociale.
















