Le débrayage qui paralyse les déplacements à travers le pays entre dans une phase charnière. Ce jeudi 8 janvier 2026 marque le 6e jour de grève consécutif pour de nombreux opérateurs. En effet, certains transporteurs privés ont repris le travail de manière limitée sur le territoire national. L’appel à la reprise lancé par les syndicats et les directions de transport de wilayas n’a cependant pas totalement brisé le mouvement.
Un écho limité aux appels à la reprise après six jours de blocage
Les sources locales rapportent que le mot d’ordre des autorités n’a pas convaincu l’ensemble des professionnels. En effet, l’activité reste largement paralysée sur les segments stratégiques du réseau routier. Les grands axes interwilayas sont les plus touchés par ce débrayage entamé il y a près d’une semaine. La plupart des bus assurant les longues distances sont restés à l’arrêt, laissant les usagers dans une situation complexe.
Toutefois, une nuance apparaît selon la zone géographique. Le transport urbain et intercommunal affiche une reprise plus dynamique. Cette tendance s’observe particulièrement dans les wilayas des Hauts Plateaux de l’Est. À Oum El Bouaghi, par exemple, la majorité des transporteurs privés assurent le service normalement ce jeudi.
Dans la capitale, Alger, la situation reste mitigée pour ce sixième jour de grève. Quelques bus privés circulent sur certaines lignes spécifiques, mais le service est loin d’être optimal. Les usagers doivent souvent patienter de longues minutes pour espérer trouver un véhicule disponible.
À Béjaïa, le constat est encore plus frappant. Le transport urbain a repris très timidement au niveau du chef-lieu. Sur l’axe reliant Béjaïa-ville à la ville d’El Kseur, seuls quelques transporteurs ont repris la route. Cependant, la majorité des opérateurs de la wilaya campent sur leurs positions. Ils refusent de mettre fin au mouvement sans obtenir des garanties concrètes.
Les revendications des grévistes au cœur du blocage
Pourquoi cette résistance persiste-t-elle après six jours ? Les transporteurs jugent leurs conditions de travail insoutenables. Ils attendent une réponse claire avant de cesser la grève. Ils exigent d’abord le retrait pur et simple du projet d’amendement du Code de la route. Ils jugent ce texte trop répressif pour la corporation.
Ensuite, ils réclament une révision immédiate à la hausse de la tarification des tickets. Selon les protestataires, les prix actuels ne couvrent plus les charges opérationnelles des entreprises. Enfin, la disponibilité de la pièce de rechange reste un point de tension majeur. La rareté et la cherté des composants mécaniques mettent en péril la rentabilité et la sécurité des véhicules.
Si quelques moteurs ont redémarré ce jeudi, le conflit social n’est pas encore résolu. Les prochains jours seront décisifs pour l’avenir du transport privé en Algérie.

















