Une analyse récente publiée par Allianz Trade , qui met en lumière les principaux déterminants du risque pays, classe le Maroc, l’Algérie et la Tunisie avec un risque faible, moyen et élevé respectivement pour les entreprises.
Selon cette étude, l’évaluation du risque pays repose sur une combinaison d’indicateurs économiques et politiques. La méthodologie utilisée s’appuie sur une note structurelle mesurant notamment les déséquilibres macroéconomiques, la qualité du climat des affaires et la stabilité du système politique, à laquelle s’ajoute un indicateur d’alerte à court terme évaluant le cycle économique et les risques de financement.
Ces deux éléments permettent ensuite de classer les économies en quatre niveaux globaux de risque pour les entreprises : faible, modéré, significatif ou élevé.
Hydrocarbures et diversification au cœur du profil algérien
Dans cette analyse, Algérie est classée dans la catégorie risque moyen pour les entreprises. Le rapport souligne plusieurs atouts structurels, notamment la place centrale du pays dans l’approvisionnement énergétique régional. L’Algérie reste le principal producteur de gaz naturel en Afrique et dispose du deuxième plus important niveau de réserves du continent après le Nigeria. Elle constitue également un fournisseur important de pétrole et de gaz vers l’Europe.
Le potentiel de développement des énergies renouvelables, en particulier le solaire, ainsi que les perspectives dans l’industrie minière figurent également parmi les facteurs positifs identifiés.
Cependant, l’étude souligne plusieurs vulnérabilités structurelles. La dépendance persistante aux hydrocarbures expose l’économie à un ralentissement potentiel des recettes énergétiques à moyen terme. Le rapport évoque aussi des risques politiques et sociaux ainsi que des tensions diplomatiques ponctuelles avec certains partenaires européens pouvant affecter le commerce. Il souligne également l’absence d’une diversification économique substantielle et le poids du secteur bancaire public, souvent mobilisé pour financer le budget de l’État, ce qui pourrait générer des passifs potentiels.
Fragilités financières et sociales en Tunisie
Dans le cas de Tunisie, l’étude classe l’économie dans la catégorie risque élevé pour les entreprises. L’économie tunisienne conserve néanmoins plusieurs atouts structurels. Le rapport met en avant une base productive relativement diversifiée et une main-d’œuvre qualifiée, avec des compétences reconnues dans plusieurs secteurs industriels, notamment la fabrication, les plastiques, la pétrochimie, les transports, l’agriculture et le tourisme. La proximité géographique avec l’Europe et la position stratégique du pays en Méditerranée constituent également des avantages pour les échanges commerciaux. L’étude mentionne en outre des perspectives d’augmentation de la production de phosphates et d’hydrocarbures.
Ces éléments sont toutefois contrebalancés par plusieurs fragilités. L’analyse pointe notamment la détérioration du secteur bancaire, liée à une forte exposition à la dette souveraine. Elle met aussi en avant les tensions sociales alimentées par un chômage des jeunes proche de 40 %, les disparités économiques entre les régions côtières et l’intérieur du pays ainsi que la fuite des talents, autant de facteurs susceptibles d’affecter la stabilité sociale.
Diversification industrielle et vulnérabilité climatique au Maroc
De son côté, Maroc est classé dans la catégorie risque faible pour les entreprises. Le rapport met en avant la diversification progressive de l’économie marocaine et la montée en puissance du pays comme plateforme industrielle tournée vers l’Europe, notamment dans le secteur automobile.
Les perspectives liées à l’exploitation des ressources minières et énergétiques, en particulier les phosphates, figurent également parmi les facteurs favorables identifiés par l’étude.
Malgré ces atouts, plusieurs risques persistent. L’analyse souligne que les chocs climatiques constituent la principale menace pour l’économie et la stabilité sociale, en raison de leurs effets sur l’agriculture et les ressources hydriques. Le chômage des jeunes reste également élevé, dépassant les 20 %, tandis que certaines tensions diplomatiques avec l’Union européenne pourraient continuer à peser sur les relations commerciales.
















