Les ports algériens s’ouvrent à la formation numérique avancée grâce à un partenariat conclu avec l’Escola Europea Intermodal Transport de Barcelone. Le programme repose sur le Port Virtual Lab, un simulateur numérique capable de reproduire l’ensemble des opérations portuaires, depuis la planification des escales jusqu’à la gestion des terminaux, des flux inter-modaux et des opérations douanières.
Selon le média espagnol El Mercantil et les informations de l’Escola Europea, le Port Virtual Lab fonctionne comme un véritable jumeau numérique, permettant aux gestionnaires de s’exercer sur des scénarios opérationnels complexes sans risque pour les infrastructures réelles.
« Ce simulateur offre une expérience pratique sans équivalent, en plaçant les gestionnaires face à des situations concrètes », souligne Eduard Rodés, directeur de l’Escola Europea. Le simulateur est déjà utilisé dans plusieurs programmes en Espagne et en Italie, où il contribue à former les professionnels aux défis logistiques et intermodaux. L’expérience démontre que la simulation numérique permet d’améliorer la planification, la coordination et la réactivité, tout en limitant les coûts liés aux erreurs sur le terrain.
Un projet pilote pour renforcer les compétences locales
La Société de Gestion des Services Portuaires (Serport) et l’Escola Europea ont signé un accord pour lancer Open Trade Med, un projet pilote visant à renforcer les compétences des professionnels algériens en logistique et intermodalité. Le programme bénéficie du soutien de l’Union pour la Méditerranée (UpM), de l’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID) et de l’Institut Européen de la Méditerranée (IEMed), trois institutions engagées dans la formation et la digitalisation des ports du sud de la Méditerranée.
Le port d’Alger a été retenu pour la première phase. Les participants pourront s’exercer à la coordination des flux, à l’optimisation des temps de traitement et à la gestion de scénarios opérationnels complexes, offrant ainsi une formation pratique directement applicable aux défis quotidiens des ports algériens.
Répondre à des enjeux structurels
Cette initiative intervient dans un contexte où les ports algériens doivent relever plusieurs défis structurels. L’indice de performance logistique (LPI) de la Banque mondiale signale des délais d’importation et d’exportation supérieurs à la moyenne régionale, en raison notamment d’une digitalisation incomplète et d’une coordination perfectible entre les différents acteurs portuaires. Les experts locaux et les rapports sectoriels soulignent également le besoin d’améliorer la planification des escales, la gestion des terminaux et la montée en compétences des équipes.
L’introduction du Port Virtual Lab devrait permettre de réduire les temps de traitement, améliorer la coordination des flux, renforcer la réactivité face aux situations perturbées et accélérer la digitalisation des processus. Le simulateur offre l’avantage de tester des scénarios complexes sans perturber les opérations réelles, ce qui constitue un atout stratégique pour des infrastructures confrontées à des contraintes opérationnelles fortes.
Une fois la phase pilote achevée à Alger, les partenaires n’excluent pas d’étendre le programme à d’autres sites, mais aucune annonce officielle n’a été faite à ce stade.
















