L’Algérie va-t-elle s’endetter auprès de la Banque islamique de développement ?

L’Algérie va-t-elle s’endetter auprès de la Banque islamique de développement ?

L’Algérie et la Banque Islamique de Développement (BID) ont signé un « cadre de collaboration 2025-2027, au moyen duquel le Groupe de la Banque fournira 3 milliards de dollars de financement et de couverture d’assurance au cours des trois prochaines années, en fonction des besoins du pays pour la période à venir » a déclaré le président de la BID lors de sa conférence de presse de clôture des travaux de l’assemblée annuels du groupe, tenu à Alger la semaine dernière.

L’annonce de cet accord a été faite dès l’ouverture des travaux, lundi 19 mai. Une certaine confusion a régné dans les médias et l’opinion publique. S’agit-il d’un prêt classique et d’un endettement international ? Rappelons-nous, que le président Abdelmadjid Tebboune avait déjà exclu tout recours à l’endettement extérieur, car, selon lui, l’endettement égal perte de souveraineté.

Suite à cette confusion, surtout médiatique, les responsables de la BID ont vite clarifié qu’il ne s’agissait pas de prêts octroyés à l’Algérie, mais d’une « mise à disposition de financements que l’Algérie peut prendre ou non ».

Nature du Financement

Contrairement à un prêt classique, l’accord avec la BID ne constitue pas un endettement immédiat. Il s’agit d’une « enveloppe indicative » : une ligne de financement potentielle que l’Algérie peut mobiliser en fonction de ses besoins et de la validité des projets présentés.

La mobilisation de cette enveloppe suit un processus rigoureux, à commencer par l’Identification d’un besoin (ex. construction d’un hôpital, d’une route ou d’une voie ferroviaire), jusqu’à sa mise en œuvre et le début du remboursement. Si le projet est achevé avec succès, l’Algérie peut soumettre à l’approbation de la banque…   

Du déjà connu

La gestion communicationnelle de cet accord nous rappelle une situation plus critique dans l’histoire récente de l’Algérie : celle des années 1980-1990, où le pays, confronté à une grave crise de la dette et à une chute brutale des recettes pétrolières, avait d’abord refusé le rééchelonnement de sa dette extérieure avant d’y recourir en 1994 sous l’égide du FMI et du Club de Paris.

A l’époque déjà, l’enjeu était double : économique et politique. Le pouvoir algérien avait cherché à éviter le terme « rééchelonnement », lui préférant des euphémismes comme « ajustement structurel » pour préserver la perception de sa souveraineté.

En 2025, même si les conditions économiques sont moins critiques, la mécanique discursive reste similaire. Le gouvernement algérien insiste sur le fait que cet accord avec la BID n’est ni un endettement, ni une soumission à un bailleur. Il s’agit de « partenariat stratégique », ou encore « accord de financement »…

Ces termes visent à désamorcer toute critique interne en préservant l’image d’une Algérie souveraine, en contrôle de ses choix économiques. Dans les faits.

L’accord avec la BID n’est ni un simple outil financier, ni un dérapage politique. C’est une réponse à des besoins de développement dans un contexte où l’Algérie cherche à concilier pragmatisme économique et doctrine politique. Si les mots changent, la logique reste celle d’un État qui ajuste sa communication pour maintenir la cohésion interne tout en accédant à des ressources extérieures nécessaires à son développement.

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