L’Algérie engage une réforme pour stabiliser et moderniser sa production agricole. Selon un communiqué publié sur la page officielle Facebook du ministère de l’Agriculture et de Développement rural, le secteur s’apprête à vivre une transformation profonde.
Ce lundi 16 février 2026, le ministre de l’Agriculture, du Développement Rural et de la Pêche M. Yacine Walid a réuni les acteurs clés de la filière. Cette rencontre nationale a permis de tracer une nouvelle feuille de route où la pomme de terre ne sera plus seulement un produit de consommation brute, mais le moteur d’une véritable industrie.
Une régulation de marché plus réactive
Le premier axe de cette stratégie vise à briser le cycle de l’instabilité des prix. Le ministère a ainsi annoncé une refonte complète du système de régulation. Désormais, les organismes de stockage sous tutelle interviendront avec plus d’agilité pour absorber les surplus de production. Cette mesure protège les revenus des fellahs tout en évitant les pénuries pour le consommateur. Par ailleurs, l’État encourage activement la vente directe du producteur au consommateur. Ce mécanisme de circuit court élimine les intermédiaires spéculateurs. Il garantit une meilleure rentabilité aux exploitations et préserve le pouvoir d’achat des citoyens. La pérennité de la filière repose sur cet équilibre entre une offre abondante et une rémunération juste du travail agricole.
L’agro-industrie comme levier de croissance
L’innovation majeure réside dans le virage vers la transformation. L’Algérie ambitionne de transformer ses excédents en produits à haute valeur ajoutée. À cet effet, l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) prévoit de déserver des zones industrielles spécifiquement dédiées à la transformation de la pomme de terre. Ces pôles industriels produiront des frites surgelées, des flocons de purée ou de l’amidon. Cette orientation stratégique permet de capter la plus-value industrielle sur le sol national. Elle offre également une solution durable à la gestion des surplus saisonniers, qui seront désormais transformés au lieu de risquer le gaspillage. Cette montée en gamme industrielle est essentielle pour diversifier l’économie et créer des emplois qualifiés en zones rurales.
Souveraineté technique et ambitions à l’export
Pour gagner en compétitivité, le ministère s’attaque frontalement au coût de production. La priorité absolue demeure la production locale des semences. En restructurant la pyramide de production et en impliquant le secteur privé, l’Algérie réduit sa dépendance aux importations. Cette autonomie technique fera baisser le prix de revient de la pomme de terre algérienne, la rendant plus agressive sur les marchés internationaux. Le gouvernement exhorte d’ailleurs les producteurs à s’organiser en coopératives. Ces structures faciliteront l’accès aux intrants, comme les engrais, et simplifieront les démarches d’exportation. En parallèle, l’État s’engage à traiter prioritairement les dossiers de financement et d’assurance agricole pour sécuriser les investissements. En liant ainsi production, transformation et exportation, l’Algérie pose les jalons d’une filière d’excellence capable de rayonner au-delà de ses frontières.
















