Pour les automobilistes algériens roulant au GPL, la partie touche à sa fin. Après des années d’encouragements massifs – subventions, avantages fiscaux, promotion du kit « Sirghaz », l’État opère un virage à 180 degrés. Exit les privilèges : le gouvernement resserre la vis sur cette énergie autrefois choyée, en relevant à la fois la fiscalité et les tarifs à la pompe.
Le retour de la taxe annuelle pour les véhicules GPL
La première mesure phare de cette réforme concerne la vignette automobile. Jusqu’à présent, posséder un véhicule roulant au GPL offrait un avantage de taille : une exonération totale de cette taxe annuelle. Cette disposition nouvelle, introduite par la Loi de finances pour l’année 2026, met fin à un privilège instauré initialement par la loi de finances de 2011.
Désormais, tous les véhicules équipés d’un kit GPL doivent s’acquitter de cette taxe. Cette fin de l’exonération signifie que les propriétaires de véhicules GPL paieront désormais le même tarif que les véhicules essence ou diesel. Le montant de la vignette se calcule selon la puissance fiscale (CV) et l’année de mise en circulation du moteur. Le gouvernement justifie ce retour par une volonté de rationaliser la consommation nationale de gaz. En effet, la croissance du parc automobile GPL pèse de plus en plus lourdement sur les bilans énergétiques intérieurs.
Hausse du prix du carburant : La fin d’une exception de trente ans
Outre la vignette, les automobilistes subissent une hausse directe au moment de faire le plein. L’énergie GPL a longtemps bénéficié d’un traitement de faveur exceptionnel. Entre 2016 et 2022, l’État a appliqué trois augmentations successives sur les prix des carburants classiques. Pourtant, le GPL était resté systématiquement épargné par ces révisions tarifaires régulières. Son prix est demeuré figé pendant près de trente ans, faisant de lui le carburant le plus compétitif du marché.
Cependant, ce premier janvier 2026, l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH) a mis fin à cette exception. Par une décision réglementaire, l’autorité a inclus le GPL-C dans les augmentations des prix. Le litre de GPL passe ainsi à 12 dinars algériens, contre environ 9 DA auparavant. En agissant ainsi, l’État met fin à une situation de gel tarifaire qui a duré trois décennies.
Ce changement d’attitude envers le GPL n’est pas le fruit du hasard. Le gouvernement cherche activement de nouvelles ressources financières pour équilibrer les comptes de la nation. La nécessité de financer les déficits des caisses publiques dicte ces décisions économiques. Plusieurs fonds sociaux sont sous pression financière constante, à commencer par la Caisse nationale des retraites (CNR).
En conclusion, si le GPL reste moins coûteux que l’essence, l’écart de rentabilité se réduit sensiblement en 2026. Les automobilistes doivent désormais intégrer la vignette et le nouveau prix du litre dans leur budget annuel. L’État rééquilibre sa stratégie énergétique pour répondre aux urgences budgétaires et assurer la pérennité du système de protection sociale.
















