Après quatre années d’activité pionnière sur le marché de l’assurance islamique en Algérie, la fenêtre Takaful de GAM Assurances opère une mue stratégique. En dévoilant sa nouvelle identité commerciale, l’assureur ne se contente pas d’un rafraîchissement visuel mais réaffirme les ambitions du modèle algérien : une coexistence intelligente avec l’assurance classique et un levier puissant d’inclusion financière.
Pour le Vice-président de la compagnie d’assurance, Ahmed Hadj Mohamed, c’est une nouvelle étape dans la structuration de la finance islamique en Algérie. La fenêtre Takaful de GAM Assurances, première du genre à avoir obtenu l’agrément du ministère des Finances et le certificat de conformité de l’Autorité Charaïque Nationale en 2022, devient officiellement « TAKAFULIA LI TAAMINAT ».
Cette nouvelle identité, dévoilée, ce mardi 27 janvier à Alger, lors d’une conférence de presse, se veut le reflet d’une maturité institutionnelle. Selon Ahmed Hadj Mohamed, ce changement n’est pas « un simple changement graphique », mais traduit une volonté de renforcer la lisibilité de son positionnement basé sur l’équilibre entre « authenticité et modernité ». Elle marque le passage d’une phase de lancement à une phase de développement accéléré, axée sur la digitalisation des services et l’élargissement du réseau de distribution.
Le « Modèle Algérien » : une cohabitation assumée
Le lancement de cette nouvelle marque intervient dans un contexte où le Trésor public a annoncé lundi le lancement d’une opération de souscription aux Sukuk souverains dits « Ijara Usufruit ». Contrairement à des pays comme le Soudan ou l’Iran, qui ont intégralement « islamisé » leur système bancaire et assurantiel, l’Algérie a fait le choix stratégique d’un système dual.
« En Algérie, nous avons adopté par conviction le système double », expliquent les experts du secteur. Ce choix permet aux deux modèles — conventionnel et Takaful — de « respirer dans le même espace ». Cette approche vise à stimuler la qualité de service par la concurrence tout en offrant une liberté de choix au consommateur.
La distinction entre les deux systèmes est désormais clairement établie juridiquement et techniquement. D’abord, l’assurance classique repose sur un contrat commercial de transfert de risques (Muawada), où la compagnie possède les primes et assume les pertes. Ensuite, le Takaful est fondé sur un « engagement de donation » (Tabarru’). La compagnie n’est qu’un gestionnaire (Wakil) ou un investisseur (Mudharib) d’un fonds qui appartient collectivement aux participants.
La redistribution des excédents : Clé de voûte de la confiance
L’un des arguments majeurs de la nouvelle entité « TAKAFULIA », expliquée par l’expert et membre de l’Union algérien des courtiers d’assurance, Lahouari Seghier, pour séduire le public réside dans la transparence de la gestion des fonds. Conformément au décret exécutif 21 (article 23), le modèle Takaful impose que les excédents techniques (le surplus des cotisations après paiement des sinistres) soient redistribués aux participants, et non captés par la compagnie comme profit.
« Si un excédent subsiste, il revient aux participants. Si le montant est trop minime pour être divisé (par exemple quelques dinars), il est reversé à des œuvres caritatives », précise Pr. Mohamed Boudjellal, expert en finance islamique, soulignant la dimension éthique et solidaire du produit.
Un levier contre l’exclusion financière
Au-delà du rebranding, l’enjeu est macro-économique. Avec un taux de pénétration de l’assurance inférieur à 1% — le plus faible du Maghreb — l’Algérie dispose d’un immense réservoir de croissance. Le Takaful est perçu comme l’outil idéal pour capter les « 10 millions d’Algériens non assurés », souvent exclus du système classique par conviction religieuse ou par manque d’offres adaptées.
Les objectifs affichés sont ambitieux : le secteur vise 100 000 participants d’ici 2026. Pour y parvenir, « TAKAFULIA LI TAAMINAT » mise sur : le Micro-Takaful (Takaful Asghar) pour protéger les populations vulnérables à faibles revenus, la Bancassurance via des partenariats avec les banques islamiques et la digitalisation (applications mobiles) pour toucher une clientèle jeune et connectée.
« Notre but n’est pas seulement de faire du chiffre, mais de construire une relation durable basée sur la rapidité d’indemnisation et l’écoute », a conclu le Vice-président de GAM assurance, Ahmed Hadj Mohamed, lors du lancement. Avec cette nouvelle identité, GAM Assurances espère non seulement démocratiser l’assurance participative, mais aussi participer activement à la protection de l’économie nationale
















