Aux poses et clichés de Sarkozy, des réponses-clichés de Sellal (opinion)

Aux poses et clichés de Sarkozy, des réponses-clichés de Sellal (opinion)
Nicolas Sarkozy et son (ex-) ‘’ami algérien’’, Abdelaziz Bouteflika

Pour l’auteur de ce texte, Abdelmalek Sellal aurait mieux fait d’écouter le conseil de son ministre des Affaires étrangères et ignorer les déclarations de Nicolas Sarkozy sur l’Algérie devenue, à cause de la chute des prix du brut, une menace pour le Sud de la Méditerranée. Au lieu de quoi, le Premier ministre algérien a répondu à l’ex-chef d’Etat français en utilisant la langue de bois habituelle sur le « refus de toute ingérence extérieure dans nos affaires intérieures ».

 

Nicholas Sarkozy, ex-président de France et possible candidat à la présidence (si les affaires judiciaires qui le poursuivent ne l’en empêchent pas) est le moins qualifié pour parler de déstabilisation du sud de la Méditerranée. Il a été avec le Britannique David Cameron un des acteurs de cette déstabilisation.

Qu’il encense le Maroc fait également partie du réflexe habituel de l’establishment politique français : celui-ci est « chez lui » au Maroc. Qu’il fasse mine aussi de s’inquiéter – comme la une du Figaro annonçant que l’Algérie « fait peur à l’Europe » n’est pas non plus une nouveauté. Y compris dans l’utilisation particulièrement incongrue de l’expression nos « amis algériens ».

Ce politicien est constamment à la chasse facile aux électeurs et parler de l’Algérie, son histoire ou son présent, est porteur électoralement. Qu’il en parle comme les Le Pen, n’est donc pas une nouveauté.

Bref, quand M. Sarkozy fait mine de ne dire « rien » de ses « amis algériens » tout en s’inquiétant des effets « de l’effondrement des prix des matières premières et de la dépendance de ce grand pays aux énergies fossiles », le mieux est que ses « amis-là » l’ignorent.

Ramtane Lamamra, ministre des Affaires étrangères, a évoqué des « clichés et des descriptions caricaturales » de M. Sarkozy sur l’Algérie et il avait invité, l’opinion algérienne à ne pas accorder d’importance à ce « récidiviste ».

C’était trop accorder d’importance au Sarko, mais le conseil à l’opinion algérienne était le bienvenu. Et M. Abdelmalek Sellal, Premier ministre aurait bien fait d’écouter son ministre des Affaires étrangères, au lieu de « donner de l’importance » à M. Sarkozy.

Mais à l’évidence, en ces temps où la diversion vers l’extérieur est redevenue l’ADM du régime, cela n’est pas de mise. Même Chakib Khelil se met à accuser la France pour les informations sorties dans le cadre des Panama Papers. M. Sellal ne pouvait pas rater « l’aubaine » des déclarations dénuées de toute amitié de Sarko pour essayer de titiller la fibre patriotique qui n’en a pourtant pas besoin.

Les Algériens, experts, journalistes et parfois acteurs politiques, parlent de la situation économique du pays et des risques liés à la dépendance aux hydrocarbures depuis suffisamment longtemps pour se passer de « l’expertise » de M. Sarkozy ou du Figaro. Les débats algériens, même s’ils se déroulent sur fond de confusion politique, sont suffisamment éclairants pour qu’on n’en ait pas besoin.

Le seul intérêt des déclarations de Sarkozy est de confirmer qu’il n’est pas « l’ami » des Algériens, mais cela qui ne le savait pas en Algérie ? M. Sellal, M. Saadani ? Le Premier ministre ne nous a même pas gratifiés d’un gag – cela aurait été bienvenu pour ce poseur de Sarkozy-, il s’est fait sérieux, grave, sous le regard tout aussi « sérieux » de M. Amar Ghoul, pour clamer que « les propos tenus par-ci et par-là par des responsables étrangers ne nous affecteront nullement dans notre politique et notre travail » et que « nous n’accepterons aucune ingérence dans nos affaires ».

M. Lamamra a parfaitement raison de dire que M. Sarkozy utilise des clichés pour parler de l’Algérie. Mais M. Sellal et une partie de nos dirigeants aiment aussi utiliser des clichés pour parler aux Algériens. Le plus gros cliché consiste à tenter de fausser les débats politiques nationaux sérieux par l’usage immodéré de l’argument de l’ingérence étrangère.

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