Aviculture en Algérie : les éleveurs dénoncent des prix de l’aliment « injustifiés »

Aviculture en Algérie : les éleveurs dénoncent des prix de l’aliment « injustifiés »

La Fédération nationale des aviculteurs (FNA) sort du silence. Face au maintien de prix élevés pour l’aliment de détail, le syndicat interpelle vivement les fabricants. Alors que l’approvisionnement en maïs est désormais totalement rétabli, les éleveurs de poulets de chair attendent une répercussion concrète et rapide sur leurs factures.

La tension monte dans les poulaillers algériens. Il est vrai qu’entre novembre et début janvier, les fabricants d’aliments ont traversé une zone de fortes turbulences. La pénurie de maïs sur le marché local avait alors sérieusement perturbé toute la chaîne de production nationale. Cependant, cette situation de crise est aujourd’hui totalement derrière nous. En effet, pas moins de quatre navires chargés de maïs ont accosté dans les ports algériens ces derniers jours. Ce renforcement massif des stocks garantit un retour à la normale pour l’ensemble des minotiers et transformateurs.

Pourtant, malgré ce réapprovisionnement fluide, les tarifs pratiqués sur le terrain ne fléchissent pas. Selon les constats alarmants des aviculteurs, le prix de l’aliment complet est actuellement proposé entre 8 500 et 9 500 DZD le quintal. Pour le syndicat, ce niveau de prix est « injustifié », voire déconnecté de la réalité économique. L’argument principal de la profession repose sur la stabilité des prix publics pratiqués par l’État. L’Office National des Aliments du Bétail (ONAB) maintient effectivement la fourniture de maïs à un prix fixe de 4 250 DZD le quintal. « Le prétexte de la rareté n’existe plus », martèle la fédération dans son dernier communiqué.

Un enjeu vital pour la survie de la filière

Il faut impérativement rappeler que l’alimentation représente environ 70 % du coût de production d’un poulet de chair. Actuellement, les aviculteurs subissent une pression financière étouffante qui menace leur pérennité. Avec un aliment de détail frôlant parfois les 10 000 DZD le quintal, la rentabilité des exploitations s’effondre. Si les transformateurs privés ne répercutent pas immédiatement la baisse de leurs propres coûts d’acquisition, les conséquences sociales seront lourdes.

De nombreux petits producteurs pourraient quitter définitivement la filière, ce qui provoquerait mécaniquement une flambée durable du prix de la viande blanche pour le consommateur final. En conclusion, la FNA exhorte ses partenaires industriels à faire preuve de responsabilité et de solidarité professionnelle. La fluidité retrouvée dans les ports doit maintenant se traduire sans délai dans les points de vente. Les prochains jours seront décisifs : les fabricants entendront-ils l’appel des aviculteurs ou le bras de fer va-t-il se durcir au détriment de la sécurité alimentaire du pays ?

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