Le secteur avicole algérien subit de plein fouet les aléas climatiques qui aggravent une situation économique déjà désastreuse. En effet, les intempéries ayant frappé le nord du pays entre le 15 et le 26 janvier ont provoqué des dégâts considérables au sein des exploitations. Pour de nombreux éleveurs, ces intempéries représentent le choc de trop pour une filière à bout de souffle.
Les structures les plus légères, notamment les poulaillers construits sous forme de serres ont été les premières victimes des intempéries. En raison de la violence des rafales de vent, le nylon protégeant les poussins a été déchiqueté dans de nombreuses régions. Comme le montrent les images poignantes partagées sur les réseaux sociaux, ces brèches ont exposé les volailles au froid glacial, provoquant la mort de milliers de poulets de chair en quelques heures.
Par ailleurs, les fortes précipitations ont entraîné des infiltrations d’eau massives à l’intérieur des bâtiments. Ce déluge a non seulement causé des noyades, mais a aussi favorisé le développement de maladies liées à l’humidité. D’un autre côté, la solidité des structures en dur n’a pas suffi : plusieurs aviculteurs ont diffusé des photos montrant des murs de poulaillers totalement effondrés sous la pression du vent.
Une activité économique au bord de l’asphyxie
Toutefois, ce désastre météo survient dans un contexte financier déjà critique. Pour les professionnels, l’activité avicole baigne dans une crise structurelle depuis de longs mois. Les éleveurs subissent un effet de ciseau dévastateur : d’une part, les prix de vente sur les marchés stagnent à des niveaux bas, et d’autre part, les coûts de production, notamment les aliments et les produits vétérinaires, atteignent des sommets.
De fait, la majorité des opérateurs affirment travailler à perte depuis le début des mois. Ces pertes matérielles liées au climat ne font qu’accentuer les souffrances d’une profession qui ne dispose plus de trésorerie pour se relever. Chaque poulet perdu représente aujourd’hui une dette supplémentaire pour des agriculteurs déjà lourdement endettés.
L’urgence d’un plan de sauvetage public
Face à l’ampleur des dégâts, le cri de détresse des éleveurs est unanime. Ils sollicitent désormais une intervention rapide et musclée de l’État pour éviter une faillite générale de la filière avicole. Les revendications portent sur des indemnisations d’urgence pour les sinistrés, mais aussi sur un soutien structurel aux prix des intrants.
Si rien n’est fait pour soutenir les producteurs, le marché national pourrait faire face à une pénurie de viande blanche dans les semaines à venir. Le sauvetage de ce secteur est devenu une nécessité pour garantir la sécurité alimentaire du pays et la survie de milliers de familles rurales.
















