La filiale italienne de Sonatrach a démarré la production d’essence E5 à sa raffinerie d’Augusta. Un premier camion-citerne a quitté le terminal sicilien le 14 janvier pour approvisionner le marché local.
L’éthanol incorporé dans le mélange provient de l’usine IMA, implantée dans la province de Trapani, à l’ouest de la Sicile, explique un communiqué de la filiale sur LinkedIn. Le choix d’un fournisseur local répond à une logique d’intégration régionale que Sonatrach cherche à développer depuis son implantation dans l’île.
Cette évolution ne fait que répondre aux obligations réglementaires européennes, qui imposent aux distributeurs de carburants une part croissante de composants renouvelables. L’ajout de 5 % d’éthanol permet à l’installation de se conformer à ce cadre.
Un actif controversé devenu rentable
La raffinerie d’Augusta, construite en 1949 et entrée en production l’année suivante sous le nom de Rasiom, appartenait depuis 1961 à Esso Italiana, filiale d’ExxonMobil. Sonatrach l’a acquise en décembre 2018 pour environ 725 millions de dollars, une opération décidée par Abdelmoumen Ould Kaddour, alors PDG du groupe.
L’acquisition avait suscité de vives critiques en Algérie. Le prix payé pour une installation vieille de 70 ans avait été jugé excessif, et l’opération a valu à l’ancienne direction de Sonatrach des poursuites judiciaires. Des questions s’étaient également posées sur la compatibilité technique de la raffinerie avec le brut algérien, plus léger que celui pour lequel elle avait été conçue.
Pourtant, les résultats financiers ont depuis donné raison aux partisans de l’opération. En 2022, Augusta a dégagé plus de 800 millions de dollars de bénéfices et affiché un chiffre d’affaires de 7,2 milliards d’euros, plaçant Sonatrach Raffineria Italiana en tête des entreprises siciliennes.
Dotée d’une capacité de traitement de 10 millions de tonnes par an, la raffinerie poursuit désormais sa mise aux normes européennes, dont la production d’essence E5 constitue la dernière étape.
















