Bras de fer Gouvernement-Syndicats sur la réforme de la retraite au Maroc

Bras de fer Gouvernement-Syndicats sur la réforme de la retraite au Maroc

Bras de fer au Maroc entre gouvernement et syndicats sur le projet de réforme du régime des retraites. Le gouvernement veut faire passer l’âge légal de départ à la retraite de 60 ans à 62 ans pour soulager financièrement les caisses de retraite. Les syndicats y voient une atteinte aux droits des travailleurs.

 

Entre le gouvernement, dirigé par les islamistes du Parti Justice et Développement, et les centrales syndicales de la gauche marocaine, c’est pratiquement le bras de fer sur le front social. Le gouvernement n’a pas encore donné de date pour la reprise du dialogue social, en panne depuis avril 2013, alors que les syndicats s’inquiètent, en l’absence de ce  »forum », sur la volonté de l’exécutif à passer à la vitesse supérieure pour appliquer son projet de réforme du régime de retraites au Maroc. Le gouvernement Benkirane, face aux grosses difficultés financières des caisses marocaines de retraite, et la crise économique, veut en effet réformer le régime des retraites dans le royaume. Un projet qui fait peur aux représentants des travailleurs, dont les syndicats de la gauche marocaine. Mais, déjà, le gouvernement Benkirane a dégainé: il vient de soumettre au Conseil économique social et environnemental (CESE) les deux projets de loi dans la perspective de réformer le système des retraites au Maroc. Globalement, le premier projet porte sur un reprofilage de la santé financière de la Caisse marocaine des retraites (CMR), qui risque de mettre la clé sous le paillasson à l’horizon 2021 si rien n’est fait pour arrêter l’hémorragie financière de cette caisse, chargée de la gestion des pensions civiles.

La CMR dans la zone rouge

L’un des gros problèmes de cette Caisse est que le nombre des cotisants est en régression constante. Car si en 2007 il y avait quatre cotisants pour un retraité, le rapport sera de 2 cotisants pour 1.45 retraité en 2040. La situation est en fait  »au rouge », selon le directeur de la Caisse marocaine de retraite Mohamed el Alaoui Abdellaoui. Le coût financier du retard dans la mise en place de la réforme du régime des retraites au Maroc est évalué à près de 20 milliards de dirhams (environ 1,8 Md d’euros), pour chaque année au-delà de 2012. « Plus on tarde dans la prise de décision, plus les mesures à prendre deviennent compliquées et accentuent la charge à répartir sur les trois paramètres de la réforme de retraite (âge de la retraite, prestation de la retraite et taux de cotisation) », selon M. Abdellaoui.  »En cas de statu quo et en l’absence de réforme, le régime puisera dès 2014-2015 dans les produits générés par ses réserves et les épuiserait en 2021″, estime-t-il.

Le départ à la retraite à 62 ans

Le deuxième projet de réforme du régime des retraire au Maroc préconisé par le gouvernement Benkirane est de repousser l’âge légal de départ à la retraite dans la fonction publique, qui devrait passer progressivement de 60 ans actuellement à 62 ans en 2015, avant d’être fixé à 65 ans en 2021. Fatalement, les montants des pensions de retraite seront revus à la baisse, puisqu’ils seront calculés sur la base d’un taux de 2% au lieu des 2,5% actuellement. Plus déprimant, le calcul du montant de la retraite se fera sur la base des dernières années de fonction au lieu du dernier salaire perçu, comme c’est les cas aujourd’hui. Un projet qui a déjà été dénoncé par les syndicats, qui réclament une rencontre au sommet avec le gouvernement pour débattre de cette réforme, qu’ils considèrent comme étant une nouvelle atteinte  »à la paix sociale » et  »une régression des droits des travailleurs » marocains.

Actualités

Repsol annonce un pic de production pétrolière libyenne en 2025, le plus haut depuis 2012

Le PDG de Repsol a annoncé, ce jeudi, que la production amont de la Libye a atteint en 2025 son plus haut niveau depuis 2012, reflétant [...]
Actualités

Agriculture : les investissements tunisiens atteignent 515 millions de dinars en 2025

En 2025, les investissements privés dans le secteur agricole tunisien ont confirmé leur dynamique haussière. Selon les données publiées, cette semaine, par l’Agence de promotion des [...]
Actualités

BEI : 740 millions d’euros engagés au Maroc en 2025, un record depuis 2012

La Banque européenne d’investissement (BEI) a engagé 740 millions d’euros au Maroc en 2025, soit son plus important volume annuel de financements dans le Royaume depuis [...]
Actualités

Libye : le Conseil de sécurité alerte sur la dérive budgétaire et la chute du dinar

Réuni mercredi, le Conseil de sécurité des Nations unies a consacré une séance à la situation en Libye, marquée par de préoccupations économiques sur fond d’impasse [...]
Actualités

Mines au Maroc : 361 zones mises en concurrence dans le Tafilalet et Figuig

Le ministère marocain de la Transition énergétique et du développement durable a lancé un appel public à la concurrence pour l’attribution de 361 zones d’intérêt minier [...]
Á la une

Quatre millions d’Algériens ont visité la Tunisie en 2025, un record historique

Le marché algérien confirme son rôle central dans l’économie touristique tunisienne. En 2025, les entrées de touristes algériens en Tunisie ont progressé de 14,6 % par [...]