Pétrole : Après la trêve à Gaza, le brent recule à son plus bas niveau depuis mai

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Le cessez-le-feu à Gaza a fait disparaître la prime de risque qui maintenait les cours du brut à un niveau élevé. Le Brent est tombé à 62,73 dollars le baril vendredi, son plus bas depuis mai. ©ARAMCO

L’annonce, jeudi 9 octobre, d’un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas a provoqué un brusque retournement sur les marchés pétroliers. En apaisant un foyer de tension qui pesait depuis deux ans sur les routes énergétiques du Proche-Orient, la trêve a fait tomber la prime de risque qui maintenait les prix du brut à un niveau artificiellement élevé.

Vendredi soir, le Brent de la mer du Nord a clôturé à 62,73 dollars, en repli de 3,8 %, son plus bas depuis le 5 mai. Le WTI américain a reculé de 4,2 %, à 58,9 dollars. Ce mouvement traduit moins un choc ponctuel qu’un réalignement sur les fondamentaux d’un marché mieux approvisionné et désormais moins exposé aux menaces régionales.

Négocié au Caire sous médiation américaine, l’accord prévoit un retrait partiel des troupes israéliennes, la libération d’otages et d’un nombre équivalent de prisonniers palestiniens. Il met fin à un cycle de violence qui perturbait depuis 2023 les flux maritimes de la mer Rouge et du canal de Suez, régulièrement ciblés par les attaques des rebelles houthis. La perspective d’un retour à une navigation plus sûre a immédiatement pesé sur les prix, notamment en réduisant les coûts d’assurance et les anticipations de perturbation d’approvisionnement.

Une décision de l’OPEP+ à contre-courant

La détente géopolitique coïncide avec une annonce inattendue du cartel pétrolier. L’OPEP+ a décidéd’augmenter sa production de 137 000 barils par jour à partir de novembre, une décision perçue comme allant à contre-sens de la logique de marché. Alors que la demande mondiale ralentit et que les stocks se reconstituent, cette hausse marginale renforce l’impression d’un marché excédentaire.

Pour plusieurs analystes, le choix du cartel traduit davantage une volonté politique de préserver ses parts de marché face aux producteurs non membres ( États-Unis, Brésil, Guyane), qu’une stratégie visant à stabiliser les cours. À court terme, cette orientation risque d’amplifier la pression sur les prix, déjà fragilisés par la disparition de la prime de risque géopolitique.

L’effet de l’accord de Gaza s’est en outre trouvé renforcé par un autre facteur : la montée des tensions commerciales entre Washington et Pékin autour des métaux rares. En menaçant d’imposer de nouvelles surtaxes sur les exportations chinoises, Donald Trump a ravivé le spectre d’un ralentissement mondial susceptible d’affaiblir la demande de brut.

En une semaine, le pétrole a ainsi retrouvé son niveau de printemps. La paix, même précaire, dans l’une des régions les plus explosives du globe, conjuguée à la stratégie offensive de l’OPEP+, a suffi à inverser la dynamique du marché.

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