Cinq mois après l’annonce du président Tebboune sur l’importation massive de 10 000 bus pour renouveler le parc vieillissant du transport public, l’urgence reste criante. Vendredi 6 février, le port d’Alger a receptionné 134 bus, portant le total à 849 bus réceptionnés lors de trois opérations distinctes.
Trois opérations, 849 bus au total
Cette troisième opération d’importation comprend 134 bus de différents gabarits.
Deux ports algériens ont déjà réceptionné des bus, le 1 février, 335 bus ont été accueillis au port d’Alger, tandis que Le 03 février, le port de Djen Djen (Jijel) a réceptionné 380 bus supplémentaires.
Selon les autorités, « les opérations de réception se poursuivront progressivement dans les prochains jours ». Dans les faits, le cumul des trois opérations ne dépasse pas 849 bus, soit moins de 10 % de l’objectif annoncé pour l’ensemble du programme.
Un chiffre qui pèse, surtout au moment où des wilayas ont déjà commencé à retirer du service les bus âgés de plus de 30 ans, conformément aux directives du ministère des Transports.
HIGER, annonces et réalité portuaire
Début janvier, le constructeur chinois HIGER a diffusé des images montrant 3 000 bus prêts à l’export vers l’Algérie, qualifiant l’opération de « précédent historique dans l’histoire de l’entreprise ». Une annonce largement relayée, présentée comme un signal fort d’accélération du programme.
Pourtant, sur le terrain, l’écart demeure flagrant. Les ports algériens n’ont accueilli qu’une fraction de ces volumes annoncés, alimentant des interrogations sur les délais logistiques, les capacités de réception et le rythme réel d’exécution du programme.
Les autorités rappellent que « l’importation n’est qu’une solution transitoire », en attendant l’activation de l’option de production et de montage local, notamment après l’octroi d’autorisations à trois entreprises nationales, dont une relevant du ministère de la Défense nationale.
Un parc vieillissant face à une urgence sécuritaire
L’enjeu dépasse largement la question des chiffres. Les données officielles indiquent que près de 84 000 bus composant le parc national nécessitent un renouvellement progressif, une partie importante ayant largement dépassé les 30 années d’exploitation.
L’arrivée des nouveaux bus devrait, selon les autorités, « alléger la pression sur le transport public et améliorer les conditions de sécurité routière ». Mais l’impact réel restera conditionné à la rapidité des livraisons, à la distribution effective sur le terrain et à la fin de la dépendance à une flotte vieillissante, devenue intenable.
















