Les règles entourant l’utilisation des caméras de surveillance en Algérie évoluent. Dans une nouvelle délibération publiée le 4 mars dernier, l’Autorité nationale de protection des données à caractère personnel (ANPDP), relevant de la Présidence de la République algérienne, fixe désormais un cadre clair pour l’exploitation des systèmes de vidéosurveillance dans les lieux de travail.
L’objectif est simple : renforcer la sécurité tout en protégeant la vie privée des citoyens. Les caméras sont aujourd’hui présentes dans de nombreux espaces : entreprises, commerces ou établissements scolaires. Mais leur usage soulève aussi des questions liées à la protection des données personnelles.
Caméras de surveillance : autorisation obligatoire et règles strictes
Le texte rappelle d’abord que l’installation et l’exploitation d’un système de surveillance vidéo ne peuvent pas se faire librement.
Selon la délibération, l’utilisation des caméras de surveillance doit obtenir une autorisation du wali territorialement compétent, après avis de la commission de sécurité de la wilaya.
Cette règle concerne les dispositifs de surveillance classiques, à l’exception de certains services de sécurité relevant de l’État.
La délibération précise également les objectifs de ces dispositifs. Ils doivent être utilisés uniquement pour « protéger les personnes et les biens », « renforcer un environnement de travail sécurisé » et « respecter les droits et la vie privée des individus ».
Autre obligation importante : toute entreprise ou institution doit déclarer l’utilisation des caméras auprès de l’autorité nationale chargée de la protection des données.
Transparence et respect de la vie privée des employés
Le nouveau cadre insiste fortement sur la transparence. Les employés et les visiteurs doivent être informés clairement de la présence de caméras.
Concrètement, les entreprises devront signaler l’existence des dispositifs de surveillance à travers des affiches visibles ou des moyens d’information internes.
La délibération fixe également des limites strictes pour protéger la vie privée. Certaines zones sont totalement exclues de la surveillance vidéo. Il s’agit notamment des toilettes, des vestiaires et de tout espace considéré comme privé.
Dans ces lieux, l’installation de caméras est formellement interdite.
Conservation des images et accès aux enregistrements
Le texte encadre aussi la gestion des enregistrements. Les images captées par les caméras ne pourront être consultées que par des personnes autorisées.
La durée de conservation des vidéos est également limitée. Les enregistrements doivent être stockés dans un environnement sécurisé et pour une durée maximale d’un an.
Autre règle importante : les systèmes de vidéosurveillance appartenant aux administrations, entreprises ou institutions publiques ne doivent pas être connectés à Internet.
Enfin, les personnes filmées disposent de droits clairs. Conformément à la loi 07-18 sur la protection des données personnelles, elles peuvent demander l’accès aux informations les concernant, demander leur correction ou s’opposer à leur utilisation.
Avec ces nouvelles règles, les autorités veulent instaurer un équilibre entre sécurité et protection de la vie privée, dans un contexte où la vidéosurveillance se généralise dans les espaces professionnels.
















