Selon le Guardian, plusieurs présidents de fédérations africaines affirment n’avoir jamais été consultés avant l’annonce de Patrice Motsepe. La légalité de la décision est contestée.
La polémique ne retombe pas. Trois semaines après l’annonce surprise de Patrice Motsepe, le 20 décembre à Marrakech, la décision de faire passer la Coupe d’Afrique des nations à un format quadriennal continue de faire des vagues, et pas seulement dans les tribunes.
Selon une enquête du quotidien britannique The Guardian, plusieurs présidents de fédérations africaines contestent la méthode employée par la Confédération africaine de football. En cause : l’absence de consultation préalable et, potentiellement, une violation des statuts de l’instance.
“La décision était déjà prise”
D’après le journal, des dirigeants de fédérations, qui ont requis l’anonymat, affirment avoir appris la nouvelle par des rumeurs, sans jamais avoir été officiellement saisis. L’un d’eux, cité par The Guardian, est catégorique : “La décision était déjà prise. Ils ont dit qu’elle serait discutée au Maroc, mais au final, il n’y a eu aucune discussion. Si une assemblée générale avait eu lieu et que tous les présidents avaient pu voter, ça ne serait jamais passé.” Un autre qualifie le comité exécutif de la CAF de “marionnettes”, selon le quotidien britannique.
La CAF invoque ses prérogatives
Du côté de la CAF, on assume. Un porte-parole a indiqué au Guardian que les membres du comité exécutif avaient voté la mesure à l’unanimité, et que Patrice Motsepe avait ensuite rencontré les 54 présidents de fédérations pour les informer. L’instance s’appuie sur l’article 23.10 de ses statuts, qui confère au comité exécutif “l’autorité suprême pour toutes les questions relatives aux compétitions de la CAF”.
Mais cette lecture est contestée par des experts juridiques ayant travaillé pour la confédération. Ceux-ci estiment, toujours selon The Guardian, qu’une décision d’une telle ampleur relève de l’assemblée générale, seule instance habilitée à modifier un format de compétition majeur. Faute de quoi, la décision serait “juridiquement invalide”.
“On va perdre notre principale source de revenus”
Constant Omari, ancien vice-président de la CAF et figure du football congolais (RDC), est plutôt cash. “D’abord, la CAN est la plus grande source de revenus de la CAF”, rappelle-t-il au Guardian. “Ensuite, organiser la CAN tous les deux ans permettait aux pays hôtes de construire de vraies infrastructures, ce qui aidait au développement du football. Pour notre réalité, la CAN tous les deux ans permettait aux joueurs locaux de rester compétitifs. Avec quatre ans, ce sera beaucoup plus difficile pour eux, et on va aussi perdre notre principale source de revenus.”
Omari affirme également que l’idée d’un passage au format quadriennal avait été évoquée dès 2020 par Gianni Infantino, président de la FIFA, lors d’un séminaire au Maroc. “Gianni a fait un discours devant tous les présidents de fédérations africaines. Il a dit officiellement que la CAN devrait passer à quatre ans à l’avenir. Mais le processus avait déjà commencé avant cela. Nous nous battions contre.”
Et l’Algérie dans tout ça ?
Aucune réaction officielle n’a filtré du côté de la Fédération algérienne de football. Mais la question se pose : la FAF a-t-elle été consultée ? A-t-elle pesé dans les discussions ? Pour l’heure, silence radio. Ce qui est certain, c’est que les Verts, comme d’ailleurs toutes les sélections du continent, devront composer avec un calendrier reconfiguré, où les fenêtres internationales africaines risquent de peser moins lourd face aux impératifs des clubs européens.
















