Cevital aurait perdu 65 millions d’euros en Italie à cause des « blocages » de la Banque d’Algérie

Rebrab cevital
Acheté 10 millions d’euros en 2015 avec la promesse de garder 750 emplois et d’en créer 1200, il l’aurait, selon la presse italienne, cédé à 75 millions d’euros après y avoir injecté 130 millions d’euros.

 

Le Groupe Cevital, qui acheté les aciéries Lucchini en 2015 s’en retiré officiellement et les a cédées au groupe indien JSW Steel. Toutefois, cette cession n’a pas été un choix stratégique du Groupe Cevital mais une contrainte puisque, faute d’avoir pu transférer son argent en Italie, à cause d’un blocage de la Banque centrale, il n’a pas pu tenir ses engagements qui consistaient à investir 400 millions d’euros dans le projet. « La Banque d’Algérie s’est engagée, conformément à la loi, à accorder 20% de rétrocession de devises, libre utilisation, à la discrétion de l’opérateur mais, dans les faits, cela ne se fait pas », a regretté M. Rebrab dans une déclaration qu’il a faite à Liberté le 28 juin dernier. En effet, selon les chiffres donnés par les autorités italiennes, le retrait du Groupe Cevital des aciéries Lucchini, rebaptisées Acciaierie e Ferriere di Piombino (Aferpi) s’est fait en contrepartie d’une compensation de 75 millions d’euros. Or, le Groupe Cevital a racheté l’aciérie en difficulté pour un montant de 10 millions d’euros et y a injecté, selon le président de la région toscane en Italie, Enrico Rossi, cité par la presse italienne, 130 millions d’euros, ce qui fait un montant global de 140 millions d’euros. Ces chiffres laissent croire que le groupe Cevital a perdu 65 millions d’euros dans ce projet.

Néanmoins, bien qu’il n’ait pas pu transférer son argent pour effectuer les investissements pour lesquels il s’est engagé, le Groupe Cevital a pu préserver les 2000 emplois objet de ses engagements. En effet, lors de la signature de l’accord de cession de l’usine au profit du groupe indien JSW Steel, le président de la région toscane, Enrico Rossi, a, selon la presse italienne, vivement remercié Issad Rebrab d’avoir « respecté ses engagement concernant le réemploi de plus de 2 000 travailleurs».

Pour rappel, le président de la région toscane en Italie, Enrico Rossi, a appelé son gouvernement «à faire pression sur son homologue algérien afin de faciliter le transfert de l’argent» de Cevital pour son projet d’investissement dans le complexe sidérurgique de Piombino. Et, de son coté, l’ambassadeur d’Italie à Alger, M. Pasquale Ferrara, a assuré lors d’un passage sur Radio M. le 20 juillet 2017, que « le groupe Cevital n’avait commis aucune faute » et que « c’est le secteur italien de la sidérurgie qui est compliqué ». D’après lui, les problèmes rencontrés par le groupe industriel algérien en Italie sont dus à des « retards au niveau des banques » ainsi que « le souci des travailleurs de préserver leurs emplois », situation dont le patron de Cevital, Issaad Rebrab, est, selon lui, « particulièrement conscient ».

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